L'effet niqab

Stephen Harper... (Photo: Olivier Croteau)

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Stephen Harper

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si Stephen Harper réussit l'exploit de se maintenir au pouvoir lundi soir, après un régime de neuf ans, il pourra sans doute dire un gros merci à la crise du niqab qui a éclaté pendant la campagne, qui a largement occulté nombre d'autres sujets et forcé les partis à se positionner et à s'expliquer. Deux fois plutôt qu'une.

À ce chapitre-là, les conservateurs se sont vite révélés sur la même longueur d'onde qu'une très large majorité de Canadiens qui affirment que tous les nouveaux arrivants appelés à prêter le serment de citoyenneté doivent le faire à visage découvert. Ils en font une question de principe, d'intégration à la communauté d'accueil et ses valeurs.

En répétant qu'il tenait lui aussi à l'assermentation à visage découvert (comme le Bloc québécois d'ailleurs), le chef conservateur a réussi à embarrasser ses adversaires. Justin Trudeau et Thomas Mulcair sont d'avis, eux, que l'État n'a pas à imposer aux femmes le vote à visage découvert. Monsieur Trudeau soutient même qu'il s'agit d'un droit fondamental. Curieusement, leur position sur le niqab a nui davantage au NPD qu'au Parti libéral qui a même pris du tonus dans les intentions de vote des derniers jours.

Bien sûr, le NPD et les libéraux ont senti la soupe chaude et se sont fait fort de soutenir que d'autres priorités devaient interpeller aussi les électeurs. Avec raison d'ailleurs, mais le niqab n'a pas cessé d'agacer les électeurs, au point que des candidats NPD et libéraux ont réalisé dans leur porte-à-porte que le sujet revenait souvent. Certains candidats néo-démocrates, et un libéral de l'Abitibi, ont même osé exprimer publiquement des réserves sur la position de leur parti respectif. On ne voit pas ça tous les jours dans une campagne électorale.

Non, on ne peut pas prétendre que le niqab n'aura été qu'une distraction passagère quand on constate, par exemple, la place qu'il a prise dans le débat et les nombreuses réactions qu'il a suscitées. Dans le courrier électoral que les lecteurs du Nouvelliste nous ont acheminé, un gros pourcentage de commentaires ciblaient expressément le niqab. Et ce n'est pas la victoire de Zunera Ishaq, qui a finalement pu devenir Canadienne avec son niqab, la semaine dernière, qui aura apaisé les inquiétudes. Nos collègues du Journal de Montréal ont révélé, hier, que la femme en question militait au sein d'une organisation qui aurait des ramifications avec un parti politique islamiste radical pakistanais.

Après les élections, si les conservateurs sont réélus, ils promettent de légiférer en bonne et due forme pour interdire cette pratique puisque la directive existante a été invalidée par la Cour d'appel fédérale.

On saura lundi soir, au fil d'arrivée, ce qu'il en est. Est-ce que le niqab, qui a donc monopolisé une bonne part des conversations, sera réellement un enjeu électoral significatif ou bien plus modestement l'expression d'une vive préoccupation populaire?

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