Un pas de plus

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La nouvelle est passée un peu sous le radar, la semaine dernière, mais elle n'en est pas moins importante et fera une différence dans la vie de bien des Québécois. Le champ de pratique des infirmières québécoises sera élargi à compter de janvier prochain, ce qui devrait évidemment favoriser les patients et améliorer l'accessibilité aux soins de santé. On devrait dire hourra, mais il faut plutôt dire enfin!

Oui, enfin, parce que le Québec n'est pas à l'avant-garde, ici, mais bien à la traîne. Ça fait des années que les infirmières et les pharmaciens ailleurs au Canada peuvent dépanner les patients à plusieurs égards, mais au Québec la résistance médicale et le manque de volonté politique ont retardé les choses. Beaucoup trop retardé. L'engorgement récurrent des urgences et la difficulté d'avoir un médecin de famille en font foi.

L'été dernier, nos pharmaciens ont à leur tour obtenu la permission d'exercer de nouvelles activités professionnelles comme modifier une ordonnance, la prolonger, prescrire et interpréter des examens de laboratoire, prescrire un médicament lorsqu'aucun diagnostic n'est requis, prescrire un médicament pour un problème mineur lorsque le traitement est déjà connu, etc.

À compter de janvier, les infirmières pourront prescrire des analyses de laboratoire, des contraceptifs, des médicaments contre la nausée des femmes enceintes, des médicaments pour arrêter de fumer ou pour traiter des plaies, des médicaments aussi pour traiter les infections transmises sexuellement. Autant d'interventions qui permettront à un patient de recevoir plus rapidement le soin dont il a besoin et qui dégageront d'autant les médecins qui pourront voir plus de cas nécessitant expressément leur expertise. Peut-on imaginer qu'au Québec une jeune femme sans médecin de famille doive poireauter à l'urgence d'un hôpital pour obtenir un contraceptif?

Il y a quelques années, on a permis aux pharmaciens de prescrire la fameuse pilule du lendemain pour éviter une grossesse non désirée. On dit que ce simple geste aurait contribué à diminuer de 10 % le nombre d'avortements.

En mai dernier, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est entendu avec la Fédération des médecins omnipraticiens qui s'engage à faire en sorte que 85 % des Québécois aient un médecin de famille d'ici la fin de 2017. Ceci en échange d'un réaménagement de leurs tâches. Bref, avec le développement des Groupes de médecine familiale, des futures supercliniques, avec le support additionnel des infirmières, des infirmières cliniciennes et des pharmaciens, les Québécois verront enfin la lumière au bout du tunnel, surtout ceux, bien trop nombreux, qui peinent toujours à trouver un médecin de famille et à obtenir le suivi que leur condition requiert.

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