Les excuses de Marcel

La rencontre avec les médias a semblé éprouvante... (La Presse, André Pichette)

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La rencontre avec les médias a semblé éprouvante pour Marcel Aubut hier. L'homme de 67 ans, qui a poussé plusieurs longs soupirs et refoulé quelques larmes, s'est excusé auprès de sa famille et de toutes les personnes « qui ont été outrées par ce qu'elles ont vu ou entendu au cours des derniers jours. »

La Presse, André Pichette

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Ginette Gagnon
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) S'il s'en trouvait encore, vendredi, pour donner le bénéfice du doute à Marcel Aubut, accusé de harcèlement sexuel à répétition, l'équivoque n'est plus permise: l'ancien président du Comité olympique canadien a admis ses torts et fait des excuses publiques à toutes les femmes qu'il a pu blesser ou offenser. Bon point pour lui, il n'a pas cherché à minimiser ses fautes.

Mais c'est bien acculé au pied du mur que le célèbre avocat de Québec de 67 ans, a dit, vendredi, se repentir de son comportement et a annoncé du coup qu'il allait quitter son cabinet, après avoir démissionné, plus tôt cette semaine, comme président du Comité olympique canadien. Marcel Aubut promet de consulter des spécialistes pour régler le problème qui a fini par le faire dégringoler de son piédestal.

Marcel Aubut n'avait plus d'échappatoire. Il y a encore quelques jours, a-t-on appris, il a téléphoné en panique à d'anciennes collaboratrices dans l'espoir qu'elles ne noircissent pas son portrait. Peine perdue, la manoeuvre s'est retrouvée dans les médias et n'aura certainement pas contribué à lui attirer la sympathie du public. Marcel Aubut était dans les câbles. Rendu là, mieux valait pour lui assumer ses comportements dans l'espoir d'éteindre le feu. Il a sûrement dû être conseillé par d'habiles spécialistes de la gestion de crises.

Non, Marcel Aubut ne fait pas l'objet d'une plainte criminelle. Il n'est pas accusé d'agressions sexuelles, mais de harcèlement sexuel, c'est-à-dire de gestes et de paroles déplacés à l'endroit des femmes. De plusieurs femmes. Depuis des années. L'une d'entre elle en a saisi le Comité olympique canadien, d'où la tourmente médiatique qui s'en est suivie, d'autant plus que la plainte en question a délié les langues d'autres anciennes collaboratrices d'Aubut. Il s'est donc vite avéré qu'on n'était pas en présence ici d'un faux-pas isolé. 

Marcel Aubut, depuis longtemps, était connu dans son milieu comme un mononcle d'une autre époque qui faisait des bisous aux femmes, qu'il aimait les frôler, leur faire des compliments, des farces plates, qu'il  appelait dans son bureau alors qu'il était en sous-vêtement, etc. Au point, d'ailleurs, où des amis à lui l'avaient mis en garde justement l'été passé, lui rappelant qu'en 2015, il y a des comportements qui ne sont plus autorisés. 

Marcel Aubut disait, vendredi, qu'il n'avait jamais réalisé que son attitude pouvait être assimilée à du harcèlement sexuel. Oups! On sait maintenant qu'un membre du Comité olympique canadien lui avait adressé une mise en garde en 2011. Marcel Aubut en a fait fi, comme il n'a pas jugé bon être sensible aux commentaires de ses propres amis qui le voyaient aller et qui craignaient justement ce qui vient d'arriver. 

Aubut soutenait, hier, qu'il n'avait pas réalisé non plus que la société a évolué en cette matière! Ouf! L'homme fort de Québec n'écoutait donc jamais les infos? L'avocat en lui ne savait pas que la Commission des normes du travail et le Bureau canadien du travail proscrivent le harcèlement sexuel depuis longtemps?

Il y a tout lieu de conclure que Marcel Aubut, un homme admiré,  engagé socialement, lui le premier francophone à se hisser à la tête du Comité olympique canadien en

108 ans, se croyait au-dessus de ça.

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