L'art de dire n'importe quoi

Le maire Yves Lévesque... (Sylvain Mayer)

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Le maire Yves Lévesque

Sylvain Mayer

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Le Nouvelliste

Le 22 août dernier, on m'a fait écouter une entrevue où le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, est interviewé par une radio de Québec.

Dans cette entrevue, on peut entendre M. Lévesque dire des gens qui manifestent qu'ils «ne sont pas des gens qui payent des impôts comme tout le monde». Ce «comique» est convaincu qu'il paie plus d'impôt que les revenus de 25 manifestants. Pour lui, ce sont des gens sur l'aide sociale. Il va même plus loin en prétendant que les gens qui revendiquent le font, peu importe le dossier. 

Je vous rappelle que cet homme est maire de Trois-Rivières. Ses propos transpirent son mépris pour ses concitoyens qui ne pensent pas comme lui.

Assez rapidement, son discours va vers un sujet d'actualité touchant Trois-Rivières. La pétition contre le passage de l'oléoduc Énergie Est est une pétition qui dérange monsieur. Dans l'entrevue, on peut l'entendre dire que les gens qui signent ne seraient cohérents que s'ils se promenaient en «bicycle à pédale», car «l'automobile, ça ne marche pas à l'eau potable».

C'est vous dire comment le singulier personnage est ignorant du dossier. Il est pourtant clair que ce bitume, parmi les plus polluants au monde, ne fera que passer. Outre le fait que notre maire confond pétrole et essence, il fut maintes fois mentionné lors des audiences du BAPE. Alors où était notre maire? Sachez que ce pétrole est destiné à l'exportation et nos automobiles n'en boiront pas une goutte, et surtout pas nos voitures électriques.

Puis sort de sa bouche la fameuse phrase assassine: «On a la chance d'avoir le pétrole de l'Alberta qui fait en sorte que ça nous donne de la péréquation». N'est-ce pas là une forme d'aide sociale M. Lévesque? De quémander de la péréquation au fédéral pour se payer des services? Pourquoi le Québec ne pourrait-il pas être innovateur dans le développement des énergies renouvelables: l'énergie solaire, l'éolien, l'hydroélectricité, la géothermie et la biomasse. Ce n'est pourtant pas le choix qui manque. Ce dernier a une vision plutôt courte de penser que l'avenir réside dans les énergies fossiles, causes de phénomènes extrêmes que nous vivons et que nos enfants vivront pour les prochains siècles.

En s'informant un peu, M. Lévesque pourrait aussi apprendre ce qu'est le «mal hollandais». Un phénomène économique observé qui s'est produit lors des années 2002 à 2008. Ce mal est attribué à l'exploitation pétrolière en Alberta qui a fait monter la devise canadienne et par causalité, fait baisser l'exportation locale, en l'occurrence l'exportation manufacturière au Québec. Cette montée de la devise canadienne aurait fait perdre environ 32 000 emplois au Québec.

Pendant son entrevue, il va jusqu'à dire que si plusieurs maires du Québec sont contre le passage de l'oléoduc, c'est «à cause des groupes de pression». Aussi bien déclarer que les maires de ces villes ne sont pas suffisamment intelligents pour penser par eux-mêmes, ou bien, serait-il que ces maires écoutent leurs citoyens ou encore, parce qu'ils sont conscients du danger?

Sans que l'animateur lui pose la question concernant le danger de fuite, il s'empresse à dire qu'il y a des institutions qui sont là pour s'assurer que les normes soient respectées. C'est pourtant les mêmes normes qui sont demandées à l'industrie pétrolière à travers le Canada et qui, malgré tout, font quand même en sorte que des dégâts surviennent régulièrement un peu partout au pays. Yves Lévesque propage ensuite l'idée simpliste et irresponsable que le transport de pétrole par train et par bateau est plus dangereux que par oléoduc, en faisant référence à Lac-Mégantic. Encore là, il fait la preuve qu'il ne connaît qu'une infime partie des conséquences de ce projet, ne distinguant ni les mortalités, ni les quantités, ni les fréquences. L'intention première derrière cet oléoduc est de pouvoir augmenter la production du pétrole en Alberta et de l'exporter. Il n'y a tout simplement pas suffisamment de rails, tout simplement pas suffisamment de trains pour transporter tout ce pétrole. TransCanada n'a pas le choix de sortir tout ce pétrole par pipeline. Et l'oléoduc ne diminuera en rien le transport du pétrole par train.

M. Lévesque est passé maître à dire n'importe quoi.

M. Lévesque, nous nous souviendrons de vous le 5 novembre.

Christiane Bernier

Trois-Rivières




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