À propos des sujets tabous

L'arrivée de nombreux migrants au Québec cet été... (La Presse)

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L'arrivée de nombreux migrants au Québec cet été suscite des questionnements.

La Presse

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Le Nouvelliste

Une rencontre associative, composée de membres qui se connaissent depuis des années, mais qui se sentent mal à l'aise lorsqu'on aborde les grandes questions qui nourrissent l'actualité. Étonnant comment tout le monde est muet sur ces sujets, à laisser à penser qu'ils sont tabous.

Personne ne veut se prononcer ouvertement, toute la discussion se fait en demi-teintes, en embarras, en hésitations. Pourquoi? Selon moi, parce que personne ne veut passer pour xénophobe, islamophobe, homophobe, ou pour toute autre phobie considérée comme déraisonnable. 

Dans le contexte actuel, le sens originel de l'islamophobie (la peur de l'islam et des musulmans) s'est déplacé plutôt vers la notion d'hostilité envers l'islam; même position envers les Haïtiens. 

Ces gens, sans vouloir l'avouer ouvertement, sont inquiets mais cette inquiétude se veut positive. Les Québécoises et les Québécois veulent un processus démocratique de réflexion et un questionnement sur ces sujets est tout à fait opportun.

Ils sont nombreux ces sujets: les migrants et l'aide apportée à tous ces gens qui entrent par centaines chaque jour, en empruntant un passage illégal; la loi 62 sur la laïcité, en particulier à ce qui a trait au port de signes religieux islamistes; notre identitaire, etc. 

Nous, Québécoises et Québécois, sommes respectueux, généreux, compatissants, accueillants, ce sont là des qualités qui sont reconnues de par le monde mais, ce qui se passe en ce moment nous perturbe. Les réfugiés doivent être accueillis plus rapidement et les migrants économiques doivent être effectivement reconduits à la frontière. Les opinions des gens montrent une réticence de plus en plus grande à l'égard de l'accueil de migrants.

La politique québécoise est toujours de concilier efficacité et générosité. Nous accueillons tous ceux qui fuient les guerres et les persécutions, mais nous devons distinguer les réfugiés de ceux dont la migration obéit à d'autres ressorts, notamment économiques.

Bref, nous nous sentons déchirés entre notre devoir, notre besoin de sécurité et aussi, avouons-le, notre bien-être.

Certaines dates laissent une empreinte dans l'imaginaire d'une nation. Le 24 juin 1975 est de celles-là. Cette année-là, Gilles Vigneault a préparé un cadeau d'anniversaire pour les Québécois, une chanson que certains considéreront comme leur hymne national. Vigneault chantait: Gens du pays. Et les gens du pays chantaient Vigneault. Est-ce que ce temps béni nous reviendra un jour? Un rêve...

Réjeanne Matton

Shawinigan




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