Pénurie d'employés qualifiés

Le Cégep de Trois-Rivières... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le Cégep de Trois-Rivières

François Gervais, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

Le nouveau programme en Écodéveloppement et bioproduits du Cégep de Trois-Rivières n'a finalement réussi à attirer que deux étudiants. Le directeur des études, Denis Rousseau, déclarait dernièrement en entrevue au Nouvelliste: «Les besoins sont incroyables» pour ce programme, et il ajoutait: «Dans les autres secteurs, il y a une pénurie de main-d'oeuvre aussi».

Dominique Anglade, ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, en visite au CMQ du Cégep de Trois-Rivières, insistait à peu près en même temps sur la nécessité de miser sur des employés dont les compétences sont adaptées aux besoins des entreprises.

Plusieurs spécialités d'emploi sont en grande pénurie au Québec et menacent le développement des entreprises manufacturières. Cette année, plusieurs programmes techniques du Cégep de Trois-Rivières pour lesquels le nombre de diplômés est insuffisant ont été mis en danger de fermeture des admissions à cause de la faible demande. Financement oblige.

Heureusement, le collège est rapidement revenu sur sa décision et a créé des chantiers de travail qui sont déjà à l'oeuvre dans les départements d'enseignement pour tenter de résoudre le problème aigu de recrutement. L'objectif est d'augmenter les demandes d'admission pour ces programmes et de les rendre plus intéressants et plus efficients.

Le directeur général du collège, Louis Gendron, lors du lancement de l'année scolaire 2017 parlait du «Cégep 3R inc.» (Recrutement, Rétention et Réussite). Bravo! Le recrutement est enfin mis en priorité. Bien sûr que le problème de recrutement touche d'abord le Cégep. Mais ultimement, ce sont les entreprises et l'économie nationale qui vont faire les frais d'un recrutement inadéquat.

On ne peut évidemment pas changer la démographie. Le bassin de recrutement d'étudiants est donné. Mais on peut éclairer et tenter d'orienter les choix. On peut insister pour bien présenter les programmes d'études menant à des emplois stratégiques pour l'économie du Québec, très intéressants et très très bien rémunérés.

Je crois comprendre que la direction du collège veut repenser, entre autres, sa stratégie publicitaire pour les programmes d'études. Le taux de placement des étudiants d'un programme d'études pourrait être un critère important pour décider soit de fermer les admissions, soit de mousser la publicité et le recrutement pour ce programme. Un taux de placement très élevé signifie qu'il n'y a pas assez de finissants pour satisfaire à la demande des entreprises.

Quant au programme Écodéveloppement et bioproduits, je ne suis pas surpris du manque d'intérêt des étudiants de cinquième secondaire. Son nom, si peu évocateur composé de deux mots composés et opaques dont en plus les définitions sont loin l'une de l'autre, me semble pouvoir en être une des principales raisons.

Ce sont des expressions de spécialistes, pas d'ados ! Il faut pratiquement être devin pour s'imaginer qu'avec un DEC en Écodéveloppement et bioproduit «on va travailler dans le domaine des pâtes et papiers... on va développer des papiers intelligents et des pâtes thermomoulées... ou on va transformer des algues en carburant» (dixit Denis Rousseau).

Michel G. Bérard

Trois-Rivières




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