La loi 101 et ses conséquences chez nous

Marche soulignant les 30 ans de la loi... (Photo David Boily, archives La Presse)

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Marche soulignant les 30 ans de la loi 101, tenue à Montréal en 2007.

Photo David Boily, archives La Presse

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Le Nouvelliste

Il y a quarante ans cette année que la loi 101 a été adoptée. Cet anniversaire a suscité beaucoup de commentaires, auxquels je me permets d'ajouter les miens.

Inspirée par une bonne intention, cette loi avait pour but de protéger la langue française chez nous. Hélas! Même si à cette époque on nous désignait comme «la catholique province de Québec», cette loi ignorait un principe à la base même de cette religion: l'amour du prochain. Et ce mépris des anglophones a entraîné le départ de plusieurs d'entre eux.

Ici, à Grand-Mère, ils étaient très nombreux et, parce que plus riches que nous en général, ils s'appliquaient à faire vivre notre population le mieux possible.

Que d'usines, où la presque totalité des employés étaient francophones, portaient des noms anglais, indiquant bien qui les avait fondées: Grand'Mere Shoe, Empire Shirt, Grand'Mere Knitting, Textile Weaver et surtout la Laurentide Pulp and Paper, où les salaires étaient reconnus comme très confortables.

Notre rue principale était bordée de commerces nombreux où nous pouvions nous procurer tous les articles dont nous avions besoin et même choisir le magasin dont la marchandise nous convenait le mieux. Nous avions des modistes de chapeaux, des vendeurs de chaussures, des tailleurs pour hommes et des couturières pour dames, etc.

Même si tous ces commerces étaient possédés par des Canadiens-français, nos anglophones se faisaient un devoir de les encourager, même que s'ils apprenaient que l'un d'eux était en difficulté, ils se faisaient un point d'honneur de l'encourager et, bien souvent, le sauvaient de la faillite.

Après l'adoption de la fameuse loi 101, ils sont presque tous partis et ne reviennent chez nous que pour se faire enterrer dans notre cimetière anglais.

Depuis leur départ, notre ville végète: aucune usine, des magasins à vendre, des vitrines vides... Même que Grand-Mère n'est plus qu'un secteur de Shawinigan.

Comme tout cela est triste pour nous.

Pourtant, il aurait été si facile de protéger le français sans ces injustices envers les anglophones. Si la loi avait exigé que dès la première année, toutes les écoles du pays donnent de sérieux cours de langue seconde à leurs élèves, on aurait pu voir les jeunes Anglais apprendre le français et nos jeunes à nous apprendre l'anglais.

Plus on est jeune, plus il est facile d'apprendre une langue. N'est-ce pas que les bébés apprennent sans effort la langue de leurs parents?

Comme le Canada serait un merveilleux pays si tous ses citoyens étaient bilingues d'un océan à l'autre! Est-ce rêver en couleurs que de l'espérer encore?

Florence L. Lacroix

Shawinigan




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