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L'équité dans la quête d'un médecin de famille et la conscience sociale

L'auteur de cette lettre s'interroge sur les listes... (Archives Le Nouvelliste)

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L'auteur de cette lettre s'interroge sur les listes d'attribution d'un médecin de famille, estimant que lui et sa conjointe attendent depuis bien longtemps.

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Je me suis exprimé déjà à ce sujet dans le journal il y a quelques mois face à mon exaspération dans la quête d'un médecin de famille. J'exprimais alors le fait que ma conjointe et moi payons le même taux d'impôts que tous et que nous n'avions pas droit aux mêmes services. J'allais même jusqu'à demander une réduction d'impôts pour que nous puissions nous offrir un médecin au privé. Évidemment je savais bien que ce ne serait que soulever de la poussière mais j'ai le droit de m'exprimer et j'exerçais ce droit.

Le ministère m'a même contacté via une gentille fonctionnaire afin de calmer le jeu et me faire un suivi sur le dossier de ma conjointe et le mien. On m'a alors confirmé que nos noms sont sur une liste d'attente et que nous sommes catégorisés de niveau D qui correspond selon leurs critères à «des usagers non vulnérables qui ont besoin en général que d'un bilan de santé». J'ai aussi appris que nous avions perdu le rang de priorité que nous avions lorsque nous nous étions inscrits sur l'ancien registre au moment de la retraite de notre médecin en 2013. En effet, lorsque le nouveau registre électronique du ministre Barrette a fait son apparition, le compteur s'est remis à zéro et nous avons perdu notre priorité. Dorénavant notre inscription au registre officiel est maintenant au 12 avril 2016.

Je suis âgé de 55 ans, j'ai une hernie discale qui me fait la vie dure, je prends des médicaments pour la pression, l'estomac et pour le cholestérol. Je n'ai pas eu de suivi médical ni prise de sang depuis très longtemps et je n'ai aucune idée si la médication que je prends est toujours adéquate. Ma conjointe a un problème de glande thyroïde, sinusite chronique et beaucoup de problèmes de santé reliés au mauvais fonctionnement de sa glande. Elle est suivie heureusement par une endocrinologue pour la glande mais pour le reste rien du tout, et nous sommes tous les deux classés D.

Puisque nous n'avons pas de médecin de famille nous devons faire la file à l'urgence quand nous avons un problème de santé. Et croyez-moi, nous y allons le moins souvent possible, même que bien souvent nous attendons trop avant de se décider à y passer une nuit.

Or, à la fin juillet ma conjointe est allée à l'urgence du centre Cloutier-du Rivage à Trois-Rivières. Dans la salle d'attente, elle avait pour voisine une immigrante qui était au Québec depuis un an. Une personne très gentille avec qui elle a discuté pendant le temps d'attente. Cette personne était là parce qu'elle voulait faire renouveler ses médicaments. Elle avait un médecin de famille mais le moment du rendez-vous qu'elle avait avec son médecin ne lui convenait pas et elle a préféré aller à l'urgence. 

C'est là que je ne comprends plus rien au principe de la liste d'attente mise en place par le gouvernement Couillard qui doit assurer l'équité pour tous. Il est bien évident que si un néo-Canadien obtient un médecin de famille aussi vite et qu'il semble devancer les gens sur la liste d'attente, nous ne pouvons qu'y voir un échec lamentable de ce système. Et de plus, pourquoi un citoyen qui a accès au service d'un médecin de famille vient engorger le système? Un peu de conscience sociale de la part de tous serait bénéfique pour la communauté. 

Avoir un système de santé comme nous avons au Québec est une richesse collective hors du commun, et en abuser de quelque façon que ce soit nuit à son accession. Et soyez assuré que la situation que je relate n'est pas teintée de racisme mais d'un manque d'équité dans l'attente d'un service auquel tous les Québécois ont droit, qu'on soit immigrant ou non immigrant, nous devons être égaux.

Martin Lavoie

Trois-Rivières




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