À propos de l'échec des politiques, Labeaume a raison

Le maire de Québec, Régis Labeaume.... (Le Soleil)

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Le maire de Québec, Régis Labeaume.

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Le Nouvelliste

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a imputé à l'inaction de notre classe politique la dégradation de notre climat social. Il a tout à fait raison. Parce qu'en politique, ce qui compte c'est l'agir. A contrario, placer une société dans un état de blocage permanent, la contraindre à la somnolence chronique comme le font les libéraux depuis une quinzaine d'années s'agissant de la laïcité par exemple, c'est la condamner à l'impuissance c'est-à-dire à l'échec.

C'est précisément ce que refusent les Québécois dans leur grande majorité. Ils attendent que l'État incarne nos valeurs communes, trace une frontière claire entre le politique et le religieux et ne cède d'aucune façon aux pressions des intégristes. Or, le gouvernement actuel est engagé dans un mouvement inverse, qui prend la forme d'une guerre d'usure, à contre- courant de notre histoire et de nos idéaux démocratiques. 

Les libéraux misent sur notre lassitude. En effet, chaque jour, les Québécois sont gagnés par une espèce de fatigue et un terrible sentiment d'impuissance face à des sujets érigés en tabous: les accommodements religieux, la laïcité, l'immigration, la langue. Le déni permanent de notre québécitude conjugué à la québécophobie ambiante devenue l'étalon de mesure de l'ouverture à l'autre crée de l'insécurité culturelle. 

Et c'est précisément cette conjoncture qui est terriblement dangereuse. Lorsque des problèmes de cette nature s'accentuent dans une société sans pour autant que des solutions viables soient envisagées (laissez faire le pitoyable projet de loi 62), que le sentiment d'abandon s'installe et se confirme, de nouvelles forces prennent racine aux extrémités de l'échiquier politique. Leur message est sans ambiguïté. Vous êtes incapables de régler les choses. Vous n'êtes pas en mesure d'envisager des perspectives. Nous allons le faire. Mais à notre manière. C'est là ou tous les dérapages sont possibles. Nous en avons été témoins, dimanche dernier, lors d'une manifestation et d'une contre-manifestation organisées à Québec où la violence a été utilisée pour brutaliser des manifestants et intimider des médias. La violence c'est toujours la pire des postures. 

La lâcheté, le clientélisme et le manque de vision ont fait le lit des extrêmes. Le PLQ est le parti qui a le plus contribué au pourrissement de la situation. Car il nous a non seulement placés dans une situation d'impuissance mais plus encore il veut nous contraindre au silence. C'est l'intention qui se dégage derrière l'instauration de cette commission sur le soi-disant «racisme systémique». 

Réduit au silence et à l'impuissance, que restera-t-il au peuple québécois? Le maire de Québec a brisé cette omertà. Je salue son courage. 

Djemila Benhabib, écrivaine 

Trois-Rivières




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