Ordre des enseignants: un leurre préélectoral?

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La question d'un ordre professionnel pour valoriser le métier d'enseignant est de nouveau à l'ordre du jour politique québécois.

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Le Nouvelliste

La question d'un ordre professionnel pour valoriser le métier d'enseignant est de nouveau à l'ordre du jour politique québécois.

Or, un ordre professionnel est une création du gouvernement ayant la mission essentielle de protéger le public contre les actes professionnels de ses membres. Les membres de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec ont récemment voté majoritairement en faveur d'une résolution à cet effet. Jonathan Marleau, président de la Commission-Jeunesse, fait justement remarquer que les syndicats n'ont pas cette mission. En effet, un syndicat a pour mission de défendre ses membres et de s'occuper de leurs intérêts économiques et sociaux. 

Pourquoi le gouvernement a-t-il besoin de protéger les étudiants contre des actes professionnels possiblement préjudiciables de la part de leurs enseignants? N'est-ce pas lui le maître d'oeuvre du système d'éducation? Pourquoi n'agit-il pas dès maintenant directement dans le réseau si les étudiants courent un danger potentiel? Pourquoi vouloir passer par un ordre professionnel? Ne lui revient-il pas déjà de protéger lui-même ses étudiants contre d'éventuels actes dommageables de la part de ses enseignants et autres employés? En quoi un nouvel ordre professionnel valoriserait-il la profession d'enseignant qui est déjà une des professions les plus valorisées par tous? 

Bien sûr que l'enseignement n'est pas parfait au Québec. Malgré tout, les programmes de formation sont excellents et nos jeunes sortent compétents de nos établissements scolaires. La plupart du temps, le principal problème n'est pas la qualité de la formation, mais le nombre insuffisant de finissants.

Si on voulait défendre les intérêts des étudiants, on pourrait aider les syndicats d'étudiants à mieux remplir leur mission. Si, par contre, on voulait réfléchir sur l'enseignement et en améliorer la qualité, le ministère et ses établissements pourraient utiliser leurs spécialistes et leurs enseignants qui sont peut-être en nombre insuffisant. On pourrait aussi penser à engager les surplus budgétaires qu'il serait temps de réinvestir. D'autre part, pour faire entendre et respecter les enseignants, les syndicats d'enseignants sont déjà là. Pourquoi donc un nouvel ordre des enseignants?

Le problème au Québec n'est pas la valorisation du métier d'enseignant. Le manque de financement et la pénurie de finissants pour faire tourner notre économie sont criants. Je ne crois pas que de grossir la machine administrative de l'État avec un ordre des enseignants résoudra quelque problème que ce soit du système d'éducation québécois. L'ordre des enseignants me semble un leurre préélectoral permettant de donner aux enseignants l'impression que le Parti libéral s'occupe d'eux sans avoir à agir dans l'immédiat.

Michel G. Bérard

Trois-Rivières




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