Charte 101: explications simples pour problèmes complexes

Dans le documentaire Les Québécois de la loi 101, de jeunes... (IMAGE TIRÉE DU DOCUMENTAIRE LES QUÉBÉCOIS DE LA LOI 101)

Agrandir

Dans le documentaire Les Québécois de la loi 101, de jeunes immigrés, du niveau collégial et secondaire, démontrent que la loi 101 n'est pas un échec, mais qu'elle n'est pas non plus une grande réussite, écrit notre chroniqueur.

IMAGE TIRÉE DU DOCUMENTAIRE LES QUÉBÉCOIS DE LA LOI 101

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

En réaction à la lettre d'opinion de M. Alain Tourigny intitulée «Pourquoi plusieurs Québécois n'aiment pas les musulmans?», publiée dans notre édition du 27 juillet dernier.

Récemment, une amie et moi observions les majestueux voiliers amarrés au parc portuaire de Trois-Rivières. 

«Si Jacques Cartier prenait plusieurs semaines à traverser l'Atlantique est-ce parce qu'un jour de vents en poupe, il avançait et qu'un jour de vents en proue, il reculait?», demande ma navigatrice, toute néophyte qu'elle est. 

Je réponds alors qu'il s'agit d'un principe d'orientation des voiles. «Le voilier avance, même contre le vent, par la force même de ce vent. Le capitaine dirige les voiles afin d'utiliser ce vent pour créer une force attractive qui fait ainsi avancer le voilier.».

Son interrogation suscitait alors chez moi une réflexion sur l'orientation de «nos voiles» dans notre vie. N'orientons-nous pas, nous aussi, nos voiles pour avancer, même parfois à contre vent, dans la société? 

Je réalisais, du même coup, que cette expression n'est plus exclusive à la navigation; je constate qu'elle qualifie aussi certaines actions de mouvements intégristes qui se servent de leurs voiles pour porter atteinte aux droits et libertés, notamment des Québécois, ce peuple d'accueil que nous sommes pour eux.

Ah! Quel naïf suis-je! Et... notre Charte des droits et libertés alors...?

Voici donc les motifs pour lesquels, cette Charte, je l'ai «athée».

Comme tout «simple ignorant de la chose», je me suis donc questionné au sujet de notre Charte en effectuant des lectures et en consultant des «docteurs en la matière». 

Certaines religions s'opposent à notre démocratie, au droit à l'avortement, dénigrent les homosexuels, discriminent la femme, se moquent de nos aspirations sociales de laïcité et vont parfois même à l'encontre de nos idéaux sociaux, nos valeurs morales et nos orientations collectives.

Je réalise alors que notre Charte, toute pimentée d'ingrédients religieux qu'elle est, n'est qu'une farce... de chapon qui brouille notre fonctionnement politique par la considération de philosophies religieuses!

Par exemple, dans l'affaire du cimetière de Saint-Apollinaire, le responsable du dossier à la mosquée de Québec, Mohamed Kesri, de surcroît appuyé par des élus québécois et canadiens, est amer... «Dix-neuf personnes viennent arrêter un projet de plusieurs milliers de personnes. Ça n'a pas de sens!» affirme-t-il. 

Et pourtant... une poignée d'Imams ne dirige-t-elle pas la vie, la destinée et le quotidien de plusieurs centaines de millions de musulmans? Cela ne s'apparente-t-il pas à de la dictature de conscience?

Et pourtant... quelques centaines de députés élus à l'Assemblée nationale décident pour 8 millions de Québécois; c'est ça notre démocratie!

Et pourtant... quelques élus municipaux, à peine une quinzaine, décident du sort de notre communauté trifluvienne qui compte plus de 125 000 citoyens; c'est ça notre démocratie!

N'oubliez pas, Madame St-Pierre, Messieurs Kesri, Labeaume et Trudeau, que la démarche référendaire concernant le cas du cimetière est l'expression d'une démocratie qui respecte la Charte des droits et libertés! 

Pour autres exemples, je citerais les cas du port du kirpan, le port du voile lors de l'examen de conduite, le port du turban par un policier de la GRC; ces accommodements, malgré leurs incohérences, respectent eux aussi malheureusement la Charte... 

Les coupables de cette situation... ce sont nous! Par un «État neutre» qui permet à toutes religions et croyances de se manifester dans les institutions publiques, nous contribuons à nous exposer aux confrontations

Par un «État laïque» nos institutions publiques seraient libres de toutes allégeances ou croyances, ainsi le Québec serait totalement indépendant face à toutes les religions.

N'offrons à aucune voile religieuse la possibilité de jeter l'ancre sur nos acquis, nos droits et nos libertés; exigeons la promotion d'un État laïque. 

Pourquoi quelques intégristes religieux parmi les 200 000 immigrants musulmans accueillis (2,5 % de la population québécoise), viendraient nous imposer leurs idéologies religieuses fanatiques en se justifiant ironiquement de notre propre Charte?

Je considère que c'est une gestion floue de l'interculturalisme au Québec, notamment par la non-distinction entre les Religions et l'État, qui est directement en cause. 

Tant que nous n'officialiserons pas, dans notre législation, la séparation entre l'État et la Religion de la Charte, nous serons confrontés à ces demandes fondées sur des particularismes religieux aussi préjudiciables soient-ils pour notre société. 

Que vos dieux alors, aussi «athée de la Charte» suis-je, vous protègent!

Jean Paquette

Trois-Rivières




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer