Évitons les amalgames et les jugements à l'emporte-pièce!

Les demandeurs d'asile au Canada continuent à affluer... (PC)

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Les demandeurs d'asile au Canada continuent à affluer à la frontière. L'auteure de cette lettre déplore que certaines personnes fassent des amalgames et comparent le traitement qu'on réserve à ces migrants et celui qu'on offre à nos aînés.

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Le Nouvelliste

Non, non et non! Ce ne sont pas les réfugiés au Stade olympique qui empêchent qu'on s'occupe de l'itinérance et du sort des aînés. L'amalgame qui est fait par plusieurs dans les médias sociaux ou dans les tribunes d'opinion ne tient pas la route et ne propose pas de solutions aux vrais problèmes de notre société. C'est comme si on accusait notre écharde dans le pied d'être responsable de notre diabète... et qu'on amputait notre main droite pour soigner le bobo!

C'est sûr que c'est plus facile de mettre la faute sur les personnes qui n'étaient pas encore ici jusqu'à hier, pour des problèmes sociaux qui perdurent depuis des années (des décennies!) et dont on détourne le regard plutôt que de s'en occuper. 

Pourtant, les réfugiés n'ont pas créé les problèmes de l'itinérance, de santé mentale et de toxicomanie qui l'accompagnent souvent, et n'ont pas causé non plus l'abandon de nos aînés à des institutions sans coeur vouées au profit. C'est notre égoïsme collectif politique et économique qui l'a fait. 

C'est quand on fait des coupes à l'aide sociale et qu'on se trouve très astucieux de déjouer ainsi les «maudits BS qui abusent du système». C'est quand on rend le chômage (s'cusez! l'assurance-emploi...) inaccessible aux travailleurs qui y ont pourtant contribué. C'est quand on court après les grosses jobs pour payer son chalet ou sa troisième voiture et qu'on n'a plus le temps de s'occuper de ses vieux parents. C'est quand on réforme les systèmes (de santé, d'éducation) parce que c'est la «première priorité» sans tenir compte des besoins des humains sur le terrain - notamment ceux des proches aidants. C'est quand on se méfie des augmentations du salaire minimum qui pourraient nuire aux profits des grosses entreprises. C'est quand on confond besoins en santé mentale et criminalisation des malades. C'est quand on tolère les paradis fiscaux pour ceux qui croient que payer de l'impôt c'est se faire voler soit par les pauvres soit par le gouvernement. 

Franchement! Ou bien c'est de la bêtise, ou bien c'est de l'hypocrisie et du racisme purs et simples... 

Comment pourrions-nous enfin comprendre qu'on ne fait pas une faveur aux réfugiés et aux immigrants en appliquant nos politiques d'accueil, même s'il faut les adapter aux situations exceptionnelles qui se jouent dans le monde en ce moment? Le Québec et le Canada ont besoin d'immigration. Les réfugiés ont besoin d'intégrer un milieu de vie sécuritaire et viable, après avoir laissé derrière eux la peur ou la misère ou les deux. C'est facile de pointer du doigt ceux qu'on ne connaît pas encore. 

De grâce! Essayons d'analyser un peu la situation avant de propager des préjugés, des jugements à l'emporte-pièce, des opinions qui ne font qu'attiser la méfiance et la haine plutôt que de créer les solidarités qui sont les pires ennemies des politiques corrompues et des systèmes qui abusent de l'ignorance des gens.

Jacinthe Lafrance

Trois-Rivières




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