La barbarie

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"Tuer un enfant dans le ventre de sa mère n'est pas un meurtre au Canada. C'est tout à fait légal! Ici, les grenouilles, les tortues et les baleines ont beaucoup de droits, mais le foetus n'a aucun droit."

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Le Nouvelliste

Tout le Québec est indigné. Tous les médias parlent de cette ignoble agression sanguinaire où une femme enceinte de huit mois a été sauvagement attaquée à coups de couteau par son ex-conjoint qui voulait tuer l'enfant qu'elle portait.

Le 24 juillet 2017 va devenir une date historique. Le bébé serait mort un peu après que sa mère eut subi une césarienne. Celle-ci va survivre à ce drame survenu à son domicile de Montréal.

Sur toutes les tribunes, j'ai entendu et lu depuis trois jours les mots «enfant à naître, bébé, poupon, etc.». Devant tous ces qualificatifs, je suis tombé en bas de ma chaise. C'est complètement faux aux yeux de la loi canadienne. Cette pauvre mère ne portait rien d'autre dans son ventre qu'un vulgaire amalgame de tissus et de liquides jetables et sans aucune valeur. Alors, pourquoi tout cet énervement populaire et médiatique? Ridicule émotivité ou réalité concrète qui cacherait peut-être quelque chose.

Gardons la tête froide. De savants avocats ont répété devant la caméra que «bébé Ghazi» n'était peut-être pas un vrai bébé. En effet, le Code criminel canadien dit très clairement «qu'un enfant devient un être humain seulement lorsqu'il est complètement sorti, vivant, du sein de sa mère».

Une grande question juridique va maintenant se poser: ce bébé de huit mois est-il ou était-il une personne humaine? Si oui, il a des droits. Si non, il n'est rien aux yeux de la loi.

Dans le débat qui pointe à l'horizon, insignifiances, contradictions, palabres, incohérences et barbarie seront au rendez-vous. Notre société récolte ce qu'elle a semé. Selon Statistique Canada, en 2013-2014, 182 enfants sont morts suite à des avortements ratés. Les médias en ont-ils parlé? Non! Pourquoi? Pourtant, c'était de vrais bébés au sens de la loi. A-t-on porté des accusations criminelles contre ces médecins qui ont dû exécuter ces enfants sortis complètement du sein de leur mère? Ils étaient encore vivants!

L'assassin de «bébé Ghazi» a-t-il raté son crime? Si celui-ci a été sorti mort du ventre de sa mère, le meurtrier ne sera pas condamné pour meurtre. Si par contre, il est sorti vivant pour mourir quelque temps après, il sera condamné pour meurtre.

Tuer un enfant dans le ventre de sa mère n'est pas un meurtre au Canada. C'est tout à fait légal! Ici, les grenouilles, les tortues et les baleines ont beaucoup de droits, mais le foetus n'a aucun droit. 

Dans le procès qui s'annonce, nous aurons droit à un déluge d'élucubrations et de subtilités juridiques. Le statut du foetus sera au coeur de ce triste spectacle. Cette cause historique ira sûrement jusqu'en Cour Suprême.

Non, M. Justin Trudeau, le débat n'est pas clos!

Paul-André Deschesnes

Beloeil




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