Le double discours du maire Angers

Le maire de Shawinigan promet de mener la... (Sylvain Mayer)

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Le maire de Shawinigan promet de mener la bataille pour que soient maintenus le nom de certains secteurs sur les panneaux de supersignalisation de l'autoroute de l'Énergie. Or, l'auteur de cette lettre rappelle que le maire avait aussi livré bataille pour l'harmonisation des odonymes de la ville, ce qui avait également comme conséquence la disparition des noms de secteurs.

Sylvain Mayer

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Le Nouvelliste

En réaction à l'article de Guy Veillette intitulé «Si c'est bon pour minou...», publié dans Le Nouvelliste du mercredi 12 juillet dernier.

Lors de la séance du conseil municipal du 11 juillet dernier, le maire Michel Angers a annoncé qu'il enclenchera «la bataille nécessaire» afin que le ministère des Transports accepte de conserver les noms des anciennes municipalités aux sorties des autoroutes.

Qualifiant nos secteurs de «coeurs villageois», M. Angers a déclaré dans le même article du Nouvelliste: «Nous avons toujours désiré garder l'histoire de nos secteurs, de nos anciennes municipalités. Loin de nous l'idée de faire disparaître ces localités, bien au contraire».

Cette nouvelle position du maire Angers est pour le moins ironique quand nous savons pertinemment qu'il est le grand maître d'oeuvre d'une réforme toponymique imposée contre le gré de la population et qui a eu comme conséquence la disparition des secteurs.

Les anciennes municipalités fusionnées à Shawinigan se distinguaient par leur histoire qui remonte à plus de cent ans et par leur attrait touristique exceptionnel. Face à la grande résistance d'une population qui ressentait un profond sentiment d'appartenance envers ses secteurs, M. Angers aurait été beaucoup mieux avisé de s'inspirer de l'exemple de Saguenay. En avril 2004, le maire Jean Tremblay annonçait en effet que tous les résidents des villes fusionnées garderaient leur adresse. Le regroupement des villes fusionnées en 2002 avait adopté par référendum le nom de Ville de Saguenay, mais les noms des arrondissements et secteurs ont été maintenus (Chicoutimi, Jonquière, La Baie, Laterrière, etc.).

Se montrant insensible aux demandes répétées de la population, M. Angers a opté pour la ligne dure en décrétant que la Ville de Shawinigan devenait la nouvelle réalité pour tous les citoyens. La veille de la première grande manifestation contre la réforme toponymique, le maire Angers avait affirmé dans les médias qu'il n'y avait aucune chance que le conseil recule. «Nous allons être immuables», avait-il déclaré en première page du Nouvelliste dans l'édition du 11-12 avril 2015.

Rappelons que le maire Angers avait entrepris son projet «d'harmonisation» au début de son deuxième mandat en présumant que les citoyens auraient digéré cette réforme une fois réalisée. Un article de l'Hebdo du St-Maurice du 15 novembre 2016 fait le bilan de la réforme toponymique et cite en titre les paroles de Michel Angers «Je salue ce grand niveau de résilience de la population».

Or, la vive réaction de plusieurs citoyens face à la disparition des toponymes sur les affiches confirme que le mécontentement est toujours bien présent. Le changement de discours du maire Angers face à la grogne suscitée illustre une fois de plus une tentative de récupération politique semblable à celle relevée par Carmen Mélançon dans sa lettre d'opinion concernant le dossier de l'eau potable «Remettre les pendules à l'heure!», parue dans Le Nouvelliste le 29 juin dernier.

À quelques mois des élections, M. Angers, grand responsable de la disparition des secteurs, s'attribue maintenant le rôle de défenseur de l'histoire et de l'identité des secteurs. Le maire ne devrait pas sous-estimer l'intelligence des citoyens.

Robert Deschamps

Secteur Grand-Mère

Shawinigan




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