Un marché pour Trois-Rivières

Le terrain de l'ancienne église Saint-Philippe pourrait être... (François Gervais)

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Le terrain de l'ancienne église Saint-Philippe pourrait être un endroit intéressant pour implanter un nouveau concept de marché public. C'est ce que croit l'auteure de cette lettre, une Trifluvienne qui étudie en technologie de l'architecture à l'île de la Réunion.

François Gervais

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Le Nouvelliste

Aujourd'hui, en revenant d'une réunion de chantier à la ville voisine, mon patron et moi sommes arrêtés dans un marché municipal faire des petites courses pour nos soupers respectifs. Un marché municipal. Comme la chose m'a paru séduisante.

Je vous situe, à des fins totalement informatives: je fais présentement un stage en Architecture à Saint-Pierre sur l'île de la Réunion, dans l'océan Indien. Je suis très loin de Trois-Rivières.

N'empêche que la chose m'a tout de suite sonné une cloche à propos d'un article que j'ai lu cette semaine au sujet de la vente du terrain de l'ancienne église Saint-Philippe. L'article traite du fait que la Ville a l'intention de vendre le terrain à Olymbec, sans appel de projets. C'est triste.

Donc laissez-moi, mes bonnes lectrices et mes bons lecteurs, vous parler de la petite cloche qui a sonné dans ma tête, tout en vous flattant par ma plume... enchanteresse.

Pourquoi ne pas bâtir un centre d'achat?

Mais nouveau genre.

Plus comme un marché municipal.

Un peu comme celui que j'ai vu aujourd'hui.  

Un mélange de mon marché municipal du Tampon, du Jeu de Balle en Belgique (googlez!), le marché Jean-Talon à Montréal, les marchés de Barcelone, l'Östermalm à Stockholm, nommez-les!

Je vous entends déjà. Vous me direz: «Il y a là, Bénédicte, une certaine ironie de faire pousser des vendeurs sur le terrain d'une ancienne église, après l'expulsion des vendeurs du Temple par Jésus.»

Ce à quoi je répondrai: «Je ne suis qu'un vulgaire page, avec une vulgaire opinion, mes seigneurs. Mais laissez-moi aller jusqu'à la fin de mon idée!»

Bref, pourquoi un marché?

Premièrement, ÉPIPHANIE! Un espace sain situé dans un lieu défavorisé! De la bonne bouffe à proximité! Jésus serait d'accord, j'en suis sûre à 99,9 %!

Deuxièmement, quoi de plus agréable que faire le marché les matins de fin de semaine? Les bons produits de qualité, moins chers, le contact avec les gens qui les vendent...

À voir l'espèce de boom culinaire qu'a connu le Québec (et une bonne partie du monde), ces deux dernières décennies, où les esprits se sont ouverts sur plusieurs traditions culinaires, pourquoi ne pas croire que les gens peuvent continuer à s'ouvrir sur la nouveauté?

Afin d'éviter une forme de gentrification (éviter un multiplication de magasins style épiceries fines avec des produits trop chers), pourquoi ne pas diversifier le programme de ce centre d'achats imaginaire pour les ajuster aux goûts de tout le monde?

Exemples:

- créer, au premier étage, un café (autre que le Morgane dans la mesure du possible), des petits marchés, une boucherie, une poissonnerie avec comptoir à huîtres, etc.

- deuxième étage: location de petits locaux au mois pour brocante, marché aux puces, ventes d'antiquités. Le repaire des gosseux, patenteux, répareux!

- sous-sol: des salles d'activités communautaires de style sous-sol d'église avec des cuisines communautaires où les gens cuisinent ensemble (le champ lexical du communautaire se fait sentir dans cette dernière phrase!) ou du bingo!

- plus, pourquoi ne pas créer des aires pour les anciens? Briser l'isolement. Remplacer les McDo et les Tim Hortons où les gens ont besoin de consommer pour se voir, et leur donner un espace pour eux! Le marché comme lieu de réunion: je dis OUI! On aime...

- finalement, un aménagement extérieur invitant aux rassemblements, des jeux d'eau, des spectacles de pyrotechnie, des chiens qui marchent sur les pattes arrières, un speaker's corner comme dans Regent's Park à Londres où les gens ont une tribune pour chialer de vive voix, pourquoi pas?

Bref, un lieu qui crée du petit emploi aussi: des Marocaines et Marocains qui viennent d'arriver: faites-nous votre bon couscous, montrez-nous vos talents de maroquinerie! Grand-maman fait des pantoufles en phentex de manière compulsive? Envoyez, venez les vendre vos pantoufles au marché, mère-grand!

Puis architecturalement parlant... (Après l'amphithéâtre de Trois-Rivières, difficile de ne pas grincer à ce mot pour vous, je devine... mais ne vous découragez pas!) On pourrait créer un concours d'architecture autour de la chose!

J'imagine quelque chose de pas trop extravagant mais qui laisse bien entrer la lumière, qui respire, bien formé, quoi! Peut-être récupérer un peu les volumétries de l'ancienne église, qui sait?

Les lecteurs et lectrices moins rêveurs diront que l'argent ne pousse pas dans les arbres. J'en conviens, sinon j'aurais le verger... Donc comme solution, je pense avoir un contact qui connaît peut-être Catherine de Médicis... je pourrais peut-être conclure une entente de mécénat outre-tombe, je vous reviens sur ça!

Veuillez agréer, mes bons seigneurs et seigneuses du Royaume de la Trifluvie, ma plus grande sincérité dans mon intérêt pour l'avenir et le bien-être de cette ville et de ses villageois.

Bisous de La Réunion.

Bénédicte Simard

Étudiante de 3e année en Technologie de l'architecture

Originaire de Trois-Rivières




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