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Unanimité au conseil: bonne gouvernance ou détournement de démocratie?

L'hôtel de ville de Shawinigan... (Sylvain Mayer)

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L'hôtel de ville de Shawinigan

Sylvain Mayer

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Le Nouvelliste

Lorsqu'on donne le mandat à un conseiller de représenter ses électeurs, on s'attend à ce qu'il prenne position publiquement, défende les intérêts des électeurs de son district sans négliger ceux de la Ville. Et puis, qu'il vote en exprimant sa dissidence ou son opposition.

Car autrement, comment les électeurs pourront-ils évaluer son rendement, sa prestation et la qualité de son travail s'il est resté muet durant quatre, voire huit ans?

Pourtant, alors que contrairement au candidat élu d'un parti politique, le conseiller n'est pas tenu à l'obligation de solidarité depuis maintenant huit ans, à Shawinigan, l'unanimité est devenue la règle? Comment expliquer cette situation? 

D'abord, certains évoquent le fait que les conseillers ont toute liberté pour s'exprimer en séance de comité. Néanmoins, en raison du fait que les journalistes sont exclus de toutes ces séances cette explication ne peut être validée. Ensuite, d'autres considèrent que cette unanimité repose sur la nécessité de conserver l'image et la réputation d'une Ville dont la gouvernance se fait dans l'harmonie et le consensus et que débattre publiquement risquerait de générer des polémiques.

Pourtant, la transparence du processus décisionnel n'est-elle pas considérée comme un fondement de la bonne gouvernance d'une municipalité?

Enfin, il appert que le maire serait contrôlant. Une attitude découlant de son passé de conseiller syndical qui présente des avantages et des inconvénients.

En interrogeant des vieux briscards de la vie politique municipale, nous pouvons redessiner un portrait de la personnalité du maire: un homme intègre, dynamique, sérieux, dévoué à la promotion de la Ville qui mérite d'être réélu mais un maire volontiers cynique et qui ne s'en laisse pas imposer.

Dès lors, selon nos sources, si par hasard le maire est contredit, il peut entrer dans de brèves mais vives colères, car il serait soupe au lait. Ce qui aurait comme conséquence d'intimider des conseillers municipaux qui, en cas d'opposition, craindraient d'être marginalisés par le maire. Serait-ce la situation vécue par le conseiller de Lac-à-la-Tortue qui a dû avaler comme une couleuvre le retrait cavalier de la Ville dans le financement du remplacement d'une structure existante?

Toujours en regard de la liberté d'expression des conseillers, comment expliquer que toutes questions qui leur sont adressées en séances publiques reçoivent une réponse du maire? Pour les conseillers, surtout ne rien dire! Bien que toute injonction à les faire taire ne pourrait être, si cela était avéré, que scandaleuse.

Partant de là, une question se pose: se pourrait-il que les conseillers endossent sans enthousiasme cette pratique de l'unanimité et du silence en séance publique? Les uns par manque de connaissance des dossiers, les autres par gêne de s'exprimer publiquement ou simplement par facilité?

Maintenant, pour rester positif, que proposer pour initier un changement démocratique, favoriser la tenue de débats, encourager la participation citoyenne à la vie de la Cité et pour mieux connaître les membres du conseil? Une rencontre mensuelle tenue à la salle du conseil municipal portant sur un sujet d'intérêt général en présence des élus, rencontre annoncée dans les médias et présidée par un tiers indépendant. Déjà, si elle se matérialisait, cette initiative de la Ville représenterait un grand progrès.

Claude Gélinas

Shawinigan




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