Réflexion sur un discours attendu

Barack Obama... (La Presse, André Pichette)

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Barack Obama

La Presse, André Pichette

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Le Nouvelliste

Pour faire suite au dernier discours du président Barack Obama à Montréal, je m'interroge: qui, parmi nous, demeure vraiment impressionné devant un tel tissu de «lieux communs» où les bons souhaits se multipliaient au rythme de phrases destinées à satisfaire les rêveurs sociaux, les idéalistes, ceux qui veulent à tout prix être dupés... et qui le seront inévitablement avec le temps?

Aussi le conférencier chéri par la majorité d'entre nous concluait-il son chant du cygne en misant sur l'arrivée des femmes au pouvoir comme si l'action de celles-ci pouvait nous libérer de l'action et nous plonger dans un monde paisible, lumineux, à l'abri de la bêtise et de la tyrannie.

Entendons-nous bien. Il ne s'agit pas ici de dénigrer les aventuriers de la politique, mais de rappeler que nos actions, aussi méritoires et héroïques soient-elles, ne peuvent vaincre notre condition fondamentale.

Et si le président Barack Obama veut toujours s'inspirer des femmes pour nourrir son optimisme béat, je lui propose Simone de Beauvoir qui, dans son roman Les Mandarins, évoque brillamment l'histoire des illusions et des désillusions de l'homme politique d'hier et d'aujourd'hui.

Une simple formule résume la situation: «Dans un espace courbe, on ne peut pas tracer une ligne droite». Ainsi l'homme et la femme du vrai s'avèrent désorientés dans les inextricables lacis du réel [...] et de tout ce qui ''gît au pouvoir du Mauvais''». C'est pourquoi il est temps de s'apercevoir que la politique est nécessaire pour établir qu'elle n'est pas suffisante. 

À ce chapitre, le texte de Platon reste souverain: «Parce que ces choses sont nécessaires, ils ont cru qu'elles étaient bonnes, ne connaissant pas l'abîme qui sépare le nécessaire du bien». D'où le «je meurs de soif auprès de la fontaine» du poète François Villon et «la soif et la faim» du dramaturge Eugène Ionesco.

André Désilets

Trois-Rivières




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