Quelques précisions d'importance

La prise du veau au lasso.... (Olivier Croteau)

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La prise du veau au lasso.

Olivier Croteau

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Le Nouvelliste

En réaction à l'éditorial de Stéphan Frappier intitulé «Rodéo: allez donc voir!», publié dans notre édition du 25 mai dernier.

Je ne peux garder le silence devant l'éditorial de Stéphan Frappier intitulé «Rodéo: allez donc voir!», paru le 24 mai dernier, car il me semble important de rappeler ici certains faits qui sont susceptibles de mieux informer la population de la région.  

D'abord, sachez M. Frappier qu'il est totalement inutile de devoir payer un droit d'entrée pour assister à ces activités puisque certains amateurs de rodéo s'empressent d'en diffuser les images sur les réseaux sociaux. Chacun est donc à même de constater ce qui s'y passe et d'en tirer les conclusions qui s'imposent à la condition, bien sûr, de s'intéresser davantage au regard de l'animal qu'à la performance de force réalisée par l'homme qui le contrôle. Qu'on le veuille ou non, cette description est la seule que nous pouvons donner à cette activité qui, contrairement à ce que vous prétendez, n'est aucunement un sport.

Prenons comme exemple la prise du veau au lasso. On peut lire sur le site du festival de Saint-Tite de cette année que «une fois parti de la chute, le cowboy lance son lasso le plus rapidement possible pour attraper la tête de l'animal. Ensuite, il doit descendre de sa monture, retourner le veau et lui attacher trois pattes. Le juge arrête le temps seulement lorsque le compétiteur a remonté sur sa monture et que l'attache des pieds tient pendant cinq secondes.» Il serait judicieux de montrer aux lecteurs à quoi l'animal ressemble une fois que cette épreuve est terminée. À mon avis et celui de dizaines de milliers d'autres véritables «amoureux» des animaux, il n'est aucunement question de bien-être animal. Ce veau est bon pour aller à l'abattoir, monsieur. Le sort de cet animal en est jeté, et tout cela pour le plaisir du spectacle devant une foule en délire. Comme vous le mentionnez, ces compétiteurs sont des spécialistes. Je suis de votre avis, ils sont de véritables spécialistes de l'inconscience et de la cruauté animale.

D'ailleurs, le fait que des vétérinaires inspectent ces animaux avant et après la compétition ne me rassure guère, puisqu'ils ne peuvent suggérer que l'euthanasie lorsque l'animal est trop blessé. Du reste, ceux-ci ne sont-ils pas payés par les organisateurs du Festival? Quant aux inspecteurs du MAPAQ, ils devraient assurément faire preuve de plus de rigueur. À propos, et ce, sans vouloir tourner le fer dans la plaie, un cheval n'est-il pas décédé pendant une performance dimanche dernier? Cet incident est certainement très fâcheux pour les organisateurs du Festival, mais il est surtout terriblement dommage pour l'animal qui n'a eu d'autre choix que celui de participer à cette épreuve et de subir tout ce stress psychologique et physique qui a causé sa mort.

J'aimerais vous rappeler que l'Angleterre, l'Écosse et les Pays-Bas ont complètement interdit les rodéos et que plusieurs autres pays y interdisent certaines épreuves. Plusieurs États des États-Unis dont la Californie, le Rhode Island, le Nevada, l'Ohio et le Wisconsin refusent la tenue de certaines épreuves extrêmes. Des villes comme Pittsburgh, Pasadena, Montgomery, San Francisco, Pompano Beach, Southampton, New York, Greenburgh et Baltimore County ont pratiquement interdit ou du moins mis sous surveillance étroite soit les rodéos, soit l'utilisation de certains instruments tels que les sangles et les aiguillons électriques. St. Petersburg, Fort Wayne ainsi que la Floride interdisent complètement les rodéos. Au Canada, la ville de Vancouver interdit les rodéos. Faut-il en conclure que tous ces endroits sont peuplés d'intellectuels qui, selon vous, font preuve d'«acharnement, d'hermétisme et de méconnaissance volontaire»? J'en doute. 

Défendre les animaux contre la cruauté humaine ne sera jamais de l'acharnement. Il est de notre devoir à tous de le faire parce que nous sommes supposément des êtres civilisés et sensibles, conscients de la détresse que certains d'entre nous leur infligeons. Alors, il est grandement souhaitable que l'injonction déposée par le professeur Alain Roy et ses étudiants reçoive de la part du juge une écoute attentive et qu'il leur donne raison pour que cessent ces événements foncièrement cruels.

Sylvie Auger

Trois-Rivières




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