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Tabac et marijuana: le gouvernement doit expliquer les divergences de ses politiques

À l'aube de la Journée mondiale sans tabac... (Photo: Étienne Ranger Le Droit)

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À l'aube de la Journée mondiale sans tabac (le 31 mai), la ministre fédérale de la Santé a l'occasion d'expliquer pourquoi les approches de réglementation en matière de tabac et de marijuana sont caractérisées par une incohérence marquée, affirme l'auteur de cette lettre.

Photo: Étienne Ranger Le Droit

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Le Nouvelliste

L'auteur, Eric Gagnon, est directeur Affaires externes et corporatives d'Imperial Tobacco Canada

À l'aube de la Journée mondiale sans tabac (le 31 mai), la ministre fédérale de la Santé a l'occasion d'expliquer pourquoi les approches de réglementation en matière de tabac et de marijuana sont caractérisées par une incohérence marquée.

Des explications publiques sont requises, puisque la marijuana et le tabac sont deux substances addictives présentant des risques connus, parfois similaires, pour la santé. À la lumière de ces constats, la marijuana devrait être soumise à un cadre réglementaire similaire à celui du tabac. La ministre semble toutefois s'orienter vers la direction opposée, en démontrant beaucoup plus de clémence à l'égard de l'industrie de la marijuana.

Par exemple, la ministre propose d'imposer l'emballage neutre et normalisé des produits du tabac, malgré le fait que les emballages de cigarettes soient couverts à 75 % de mises en garde de santé et soient cachés dans les points de vente. Pour ce qui est de la marijuana, la ministre soutient que seule une restriction d'emballage ou d'étiquetage est requise pour s'assurer que les produits ne soient pas attrayants pour les jeunes.

Cette situation constitue clairement une incohérence des politiques, ce qui est d'autant plus évident lorsque la ministre affirme que l'objectif des réglementations en matière de tabac et de marijuana consiste à protéger les jeunes. Comment deux cadres législatifs régissant des produits qui comportent des risques connus pour la santé peuvent-ils partager le même objectif en s'appuyant sur des approches aussi différentes?

De plus, le taux de consommation de marijuana chez les jeunes est beaucoup plus élevé que le taux de tabagisme. La ministre reconnaît même que les jeunes Canadiens affichent le plus haut taux de consommation de marijuana au monde. 

Le gouvernement fédéral a également déployé d'importants efforts pour démontrer que son objectif consiste à enrayer le marché noir de la marijuana. Il a même avancé que les taxes sur la marijuana seront maintenues à un faible niveau pour soutenir la concurrence par rapport au marché illégal. À l'inverse, les différents paliers de gouvernement à l'échelle du Canada continuent d'accroître les taxes sur le tabac, ce qui a contribué à la création d'un marché illégal représentant 20 % du tabac vendu au pays.

Fait remarquable, la ministre de la Santé a lancé une consultation sur la possibilité d'augmenter l'âge minimum pour consommer du tabac à 21 ans, en soutenant que l'âge légal pour consommer de la marijuana devrait être établi à 18 ans.

Si la ministre estime que les dispositions portant sur l'emballage de la marijuana suffiront à assurer la protection des jeunes, les mêmes dispositions devraient s'appliquer à l'emballage du tabac. Au lieu de cela, le Parlement soutient que l'image de marque sur les emballages de cigarettes incite les jeunes à fumer, tout en avançant que l'utilisation de l'image de marque devrait être permise pour la marijuana. 

Comment explique-t-on le silence de la communauté antitabac sur la question? Les groupes antitabac les plus vocaux restent plutôt discrets sur l'enjeu de la légalisation de la marijuana, malgré les études démontrant que la marijuana comporte des risques similaires au tabagisme. 

La ministre fédérale de la Santé devrait saisir l'occasion de démontrer que la santé des Canadiens lui tient à coeur, et ce n'est pas en axant ses efforts sur des mesures excessives et inefficaces qui ne contribueront qu'à faciliter la tâche des trafiquants pour reproduire les produits légaux qu'elle y parviendra.

La ministre et Santé Canada devraient reconnaître le potentiel des solutions de rechange, comme les produits de vapotage, en privilégiant la mise en place rapide d'une réglementation claire et en s'assurant que les consommateurs adultes puissent se renseigner à propos de ces produits et y accéder dès que possible.

La ministre doit expliquer les incohérences de ses politiques.




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