Une loi qui a sa raison d'être

En lisant l'éditorial de M. Stéphan Frappier du 25 mai dernier, j'ai été... (Olivier Croteau)

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Olivier Croteau

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Le Nouvelliste

En lisant l'éditorial de M. Stéphan Frappier du 25 mai dernier, j'ai été estomaqué des jugements de valeur portés envers ceux qui dénoncent la tenue d'un rodéo prévu dans le cadre des Fêtes du 375e de Montréal.

D'abord, lorsqu'il affirme que les 22 000 personnes qui ont signé une pétition pour empêcher la présentation d'un tel événement n'ont pas déjà assisté à un programme encadré par les professionnels du Festival western, il me semble que c'est gratuit de sa part. Et si c'était le cas, faudrait-il nécessairement y avoir assisté pour porter un jugement sur le bien-être animal, considérant les annonces publicitaires à la télé ou sur internet, notamment voir un taureau sauté comme «un diable dans l'eau bénite» avec un cavalier en selle dont le seul objectif est de prolonger la durée de l'épreuve, au grand plaisir d'une foule bruyante et avide d'un tel spectacle...

Personnellement, j'ai été élevé sur une ferme où nous avions un cheval, un taureau, des vaches, des porcs et des poules, tout cela afin de nourrir une famille de sept enfants. Pendant toutes les années de mon enfance et adolescence où j'ai observé le comportement de ces animaux (pour lesquels nous prenions un grand soin), je peux affirmer qu'une bête traquée (ex: lors de l'embarquement pour l'abattoir ou la vente à un autre éleveur) devenait nerveuse ou anxieuse. Imaginez-vous alors lorsqu'un cavalier pourchasse au lasso un jeune veau dans un amphithéâtre rempli de spectateurs bruyants...

Ayant déjà assisté à un rodéo à Saint-Tite, je pense humblement que la nouvelle loi provinciale sur la sécurité animale a sa raison d'être afin de contrer la maltraitance et l'exploitation abusive des animaux à des fins récréatives ou pécuniaires. Cette loi précise notamment que l'animal est un être doué de sensibilité ayant des impératifs biologiques, et que l'espèce humaine a une responsabilité individuelle et collective de veiller au bien-être et à la sécurité des animaux.

Enfin, je souhaiterais qu'une émission à caractère scientifique comme Découverte à Radio-Canada puisse se pencher sur ce dossier plutôt que de tenir pour acquis qu'un programme encadré par les professionnels du Festival western assure le bien-être des animaux ou de s'en tenir à la suggestion de M. Frappier à la fin de son éditorial, soit de «regarder les bêtes, regarder si elles saignent, si elles ont l'air traumatisées.»

Denis Bergeron

Trois-Rivières




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    En réaction à l'éditorial de Stéphan Frappier intitulé «Rodéo: allez donc voir!», publié dans notre édition du 25 mai dernier. »

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