À la croisée des chemins

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Les électeurs ne sont pas contre le programme du PQ mais contestent notre raison d'être. Monsieur Lisée doit en prendre conscience.

La Presse

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Le Nouvelliste

L'opinion dans le journal du 19 mai sous le titre Laicité, étape décisive sur le «chemin des victoires», signée par huit personnes, m'a touché car il me rejoint profondément.

Je suis un souverainiste convaincu depuis 40 ans et je n'étais pas prêt à accepter certaines aberrations, telle une convergence malsaine qui n'était qu'un leurre pour les élections à venir. En est-on rendu comme aux États-Unis et en France où les gens ont voté, non pour un parti mais contre un parti? Ça commence à ressembler à ça.

Je suis pour l'ouverture, mais n'acceptais pas cette idée de convergence qui ressemblait de plus en plus à de l'aplaventrisme devant un parti, Québec Solidaire, qui n'a aucun respect pour nous et qui ne veut que notre perte, en divisant d'abord et davantage le vote souverainiste lors de la prochaine élection, assurant ainsi la victoire du PLQ.

Comme l'a déjà mentionné Djemila Benhabib: «QS reviendra ensuite en 2022, se présentant comme le parti de la grande alternative progressiste et antilibérale, capable de renverser le PLQ et de balayer une classe politique médiocre.»

Et que deviendrons-nous si ce n'est un tiers parti? Je suis bien heureux que ce parti ait prononcé un NON bien fort à la convergence et ils l'ont démontré avec arrogance, car ils ont dans leurs rangs beaucoup de ces gens qui ne désirent aucune balise et qui ne veulent que nous imposer leur culture au détriment de la nôtre.

Et pour eux, la langue nationale du Québec n'est même pas une priorité avec le beau Amir Khadir qui a récemment provoqué le gouvernement en s'adressant en anglais lors de la période des questions à l'Assemblée nationale.

Quand on entend le leader parlementaire du PQ «affirmer publiquement que le parti pourrait difficilement former un gouvernement majoritaire sans l'aide de QS, on peut considérer que c'est une gaffe monumentale», affirme Mario Dumont et je le crois.

Heureusement que Jean-François Lisée a corrigé le tir par la suite comme il l'avait d'ailleurs déjà affirmé au Collège Shawinigan la semaine dernière lors de l'assemblée du district du PQ, sentant que bien des membres ne supportaient pas cette idée.

À dix-huit mois des élections, le dernier sondage démontre que ce n'est pas le temps d'abandonner mais d'affirmer avec plus de vigueur encore notre identité, la défense de la laïcité et de notre langue. Défendre nos valeurs fondamentales est la pierre angulaire du parti et s'en éloigner éloignera aussi de plus en plus les membres de la première heure qui sont restés fidèles malgré qu'on nous ait déçus à maintes reprises.

Les dernières décisions du fédéral, notamment l'implantation de la nouvelle banque de l'infrastructure à Toronto, prouvent encore une fois que le Québec n'a aucun pouvoir dans cette confédération qui ne cesse de nous rapetisser depuis 150 ans; grâce aux libéraux qui ne font jamais le moindre geste pour défendre nos intérêts. Ils détiennent le pouvoir à Québec et même à Montréal mais s'aplatissent devant le pouvoir suprême d'Ottawa.

On le voit aussi dans la nomination des juges où le Québec doit supplier pour avoir le nombre suffisant pour éviter que les criminels soient libérés sous l'arrêt Jordan avant même leur procès, comme on l'a déjà fait à maintes reprises. Une autre aberration!

Et que dire de notre bon premier ministre qui refuse de reconnaître le sacrifice de nos patriotes, morts au nom de la liberté; des hommes qui se sont tenus debout face au régime anglais et permis à l'identité canadienne-française d'être encore vivante 178 ans plus tard au Québec. Refuser d'arborer leur drapeau parce qu'il dit que ce dernier a été récupéré par les nationalistes et est un symbole de violence? Pas fort!

Le PQ doit revenir à l'essentiel et voir le Québec comme un peuple avec son identité et désireux d'être maître chez lui. C'est ainsi qu'on ira chercher ces milliers d'indécis qui se promènent d'un parti à l'autre ou qui refusent tout simplement de voter. La CAQ, qui change sa philosophie pour essayer de faire plaisir à tout le monde, est maintenant souverainiste/fédéraliste/multiculturaliste et en plus un club ferme du PLQ qui viendra, le temps venu, y repêcher ses meilleurs éléments sur promesse d'un ministère. 

Non, le temps n'est pas à la convergence mais plutôt à une alliance pour un gouvernement de coalition avec des partis qui veulent changer les choses. Les électeurs ne sont pas contre le programme du PQ mais contestent notre raison d'être. Monsieur Lisée doit en prendre conscience.

L'erreur serait de faire comme les libéraux qui reculent constamment sur l'identité et la langue, toujours au nom du multiculturalisme et du vivre ensemble.

Nous sommes à la croisée des chemins et comme le disent les signataires de la lettre mentionnée au début, il est à espérer «que le PQ demeurera cette voix courageuse et forte qu'il a déjà incarnée lors de l'adoption de la loi 101 et lorsqu'il a défendu la proposition d'une charte de la laïcité de l'État», qui, soit dit en passant, avait l'accord de plus de 70 % des Québécois.

Gaston Bouffard

Shawinigan




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