Le hockey québécois fait fausse route

Les patinoires de la région seront envahies par... (Stéphane Lessard)

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Les patinoires de la région seront envahies par plus de 2500 jeunes hockeyeurs qui participent à un tournoi de hockey printanier, une industrie qui a connu une croissance exponentielle dans les dernières années.

Stéphane Lessard

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Le Nouvelliste

La semaine dernière, Le Nouvelliste s'intéressait au hockey AAA de printemps. On nous a montré un excellent portrait de la situation actuelle. Plusieurs intervenants ont discuté avec les journalistes sportifs du Nouvelliste des pour et des contre de ce système de hockey privé et fédéré.

En tant que parent et ancien entraîneur, j'aimerais apporter une autre vision de ces ligues de printemps et d'été.

Tout d'abord l'utilisation du terme Hockey AAA. Pour moi, ce terme ne sert en fait qu'à donner un peu d'espoir et de fierté aux parents d'enfants qui n'ont pas le calibre de jeu nécessaire pour espérer un jour atteindre ce véritable niveau. Rien n'est plus valorisant pour certains parents de voir leur enfant porter un «track suit» (vendu par les organisations) avec l'appellation AAA bien en vue. 

À cause de la prolifération des équipes privées et de la fédération, il n'y a plus, comme auparavant, de véritables joueurs élites dans ces équipes. Cela n'a rien à voir avec les équipes de hockey AAA américaines et ontariennes qu'on appelle aussi les «Travel Teams». On trouve maintenant dans le AAA de printemps québécois des joueurs de tous les calibres de jeu.

Il y a maintenant plus de 600 équipes au Québec, donc, plus de 10 000 jeunes joueurs AAA au Québec. Une ligue qui forme l'élite? J'en doute. Mais que forment ces équipes de AAA si elles ne sont pas vraiment formatrices de l'élite sportive?

Lors de son tournoi, une bonne organisation attire en moyenne 160 équipes. On parle de profits pour les organisateurs d'environ 600 $ par équipe (selon un article de La Presse), sans compter les admissions aux sites de compétition payants et la vente de produits dérivés. Faites le calcul... C'est devenu une business disait Mathieu Darche. Oui monsieur, une grosse business.

Flairant la bonne affaire, Hockey Québec s'est joint à cet engouement pour le hockey de printemps. Yvan Dallaire, directeur de l'organisme, affirme: «On tente de convaincre les parents de développer un côté multisport et d'éviter la spécialisation.» Ah oui?

Hockey Québec est la fédération sportive au Québec qui nuit le plus au développement multisport de l'enfant! En plus de favoriser le prolongement de la saison de hockey jusqu'en juin, la fédération de hockey commence ses camps de sélection en août.

Ce faisant, Hockey Québec nuit directement au soccer en poursuivant ses opérations lors des camps de sélection du soccer et en amorçant ses opérations avant la fin des ligues de soccer. De plus, en ayant ses camps de sélection durant les activités des ligues scolaires de football, Hockey Québec oblige les jeunes à choisir entre un ou l'autre des deux sports. Quand les babines ne suivent pas les bottines...

On ne peut que féliciter Mathieu Darche d'avoir choisi de s'impliquer dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS). Du même souffle, on devrait aussi remercier Jean-François Brunelle d'avoir contribué, avec le Séminaire Saint-Joseph, au développement de cette ligue dans notre région.

C'est la seule ligue de hockey au Québec qui favorise, encourage et permet aux jeunes athlètes de pratiquer plusieurs sports. Comme par hasard, c'est aussi une ligue qui a subi depuis des années le harcèlement continuel de Hockey Québec. Comme quoi Hockey Québec a vraiment à coeur le développement intégral des jeunes qui leur sont confiés par les parents...

Claude Trudel

Trois-Rivières




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