La fierté et le trou de beigne

L'oléoduc Énergie Est transporterait le pétrole de l'Alberta... (Archives Le Soleil)

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L'oléoduc Énergie Est transporterait le pétrole de l'Alberta vers l'Atlantique.

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Le Nouvelliste

Quand j'étais à la petite école, mon père m'envoyait me coucher à 8 heures et quart, après avoir écouté quelques minutes de la partie de hockey survoltante de Maurice Richard et du Canadien de Montréal à la télévision. Quelques minutes c'était trop court, mais ça chargeait mes batteries pour toute la semaine. Quelle fierté m'habitait!

Je me souviens aussi du nom d'un joueur de hockey qui jouait dans une équipe adverse, les Maple Leafs de Toronto. Tim Horton! Aujourd'hui la masse des Québécois trottine quotidiennement avec son café Tim Hortons à la main. 

J'assiste incrédule à l'amnésie collective d'un grand pan de notre histoire populaire que je croyais indélébile. 

En politique, on parle actuellement beaucoup de populisme. On parle de Donald Trump aux États-Unis et de Marine Le Pen en France. Au Québec, depuis de nombreuses années, c'est le Parti libéral qui, malgré les tromperies, la corruption et l'incompétence, se joue du peuple. 

La masse a peu de mémoire. Mais le peuple, lui? Où est le projet de société qui rallierait le peuple québécois? 

Nous sommes présentement comme dans l'immense trou vide d'un beigne et le crémage de ce dernier profite à des intérêts qui ne sont pas les nôtres.

«Quel beau moment pour leur passer dans leur trou de beigne un mégapipeline de pétrole!», doivent bien se dire les multinationales qui exploitent les sables bitumineux et qui veulent l'exporter en Europe en traversant le Québec. Elles s'en balancent que les Québécois soient des gagnants, des Maurice Richard, des champions des énergies propres et renouvelables. 

Elles se foutent bien des risques de contaminer leur eau potable, de détruire leurs vastes milieux de vie et de priver les Québécois de jouir pleinement des ressources de leur territoire.

La masse tombera-t-elle dans le trou? 

Et le peuple québécois? Allons-nous nous tenir debout, ensemble, et refuser le passage de l'oléoduc Énergie Est sur notre territoire, pour être maîtres de notre destin et pour être fiers de «scorer» pour notre avenir collectif et celui de la planète? Quelle fierté pourra encore m'habiter? 

Ce sera seulement, je l'espère, celle des Québécois qui auront choisi le beigne et son crémage, plutôt que le trou, et qui auront misé sur nos savoir-faire, sur la patinoire du développement durable, en utilisant les énergies vertes et en créant les nouveaux emplois qui vont avec.

Gilbert Guérin

Saint-Élie-de-Caxton




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