De l'Amphithéâtre au colisée

La construction projetée d'un nouveau colisée au District 55... (Sylvain Mayer)

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La construction projetée d'un nouveau colisée au District 55 soulève toujours bien des questions, principalement quant aux coûts et à la pertinence d'avoir un tel équipement sans équipe de hockey de premier plan.

Sylvain Mayer

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Le Nouvelliste

À l'heure où on vient de tenir un registre pour un règlement d'emprunt concernant le futur colisée de 5000 places au District 55, il faut certainement se demander si l'histoire va se répéter via une autre infrastructure gigantesque qui a fait la manchette ces dernières années, l'Amphithéâtre Cogeco.

Parmi les facteurs à considérer dans cette réflexion: le respect des coûts de construction, les retombées réelles au niveau de notre économie dans la collectivité, de même que ce que l'ensemble des citoyens doivent financièrement assumer.

Dans l'article du Nouvelliste paru le 13 avril dernier intitulé «Un gros show de boucane électoral», le maire Yves Lévesque affirme que «l'Amphithéâtre Cogeco est un moteur touristique important pour Trois-Rivières».

Curieusement, dans ce même article, le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville de Trois-Rivières, Mathieu Lahaye, indiquait que «le centre-ville se trouvait dans une situation peu enviable en 2014 et 2015 après être littéralement revenu à la vie une quinzaine d'années plus tôt».

Pourtant, à ce que je sache, la première année d'opération de l'Amphithéâtre Cogeco remonte à l'été 2015, soit l'une des deux années de la période creuse citée plus haut dans le commentaire de M. Lahaye. Est-ce que cela veut dire que la première année d'exploitation a eu un effet nul sur l'activité économique de notre centre-ville en ce qui a trait aux restaurants et à l'hôtellerie?

À titre purement indicatif, le nombre de spectateurs aux représentations du Cirque du Soleil, qui constitue la presque totalité de l'activité de l'Amphithéâtre, a connu une baisse de 10 % par rapport à l'année précédente de 2015, l'une des deux années «noires» selon M. Lahaye, qui a été révélé dans les médias, le 29 septembre dernier.

Heureusement que les deux représentations de Céline Dion, qui furent l'exception au niveau assistance, alors que cela devait être la norme à chacun des spectacles au niveau des promoteurs du projet d'amphithéâtre à une époque où ce projet était contesté, a réussi à sauver la mise pour 2016 en ce qui concerne le bilan annuel.

J'ose espérer que le Cirque du Soleil ne subira pas une baisse annuelle équivalente dans les trois prochaines années de son contrat; j'ose imaginer le déficit annuel de la Corporation des événements (l'ex-Corpo de l'amphithéâtre) qui doit gérer ceci.

Comme le contrat entre la Ville de Trois-Rivières et le Cirque du Soleil était de nature «confidentielle», difficile de dire si le contrat initialement prévu de trois ans qui a été prolongé par la suite de deux années supplémentaires aura au moins couvert les frais au niveau financier.

Mais à titre indicatif, dans le rapport annuel de l'année 2015 de la vérificatrice générale de la Ville de Trois-Rivières à la page 34, il est révélé entre autres que lors du Festival de blues de l'année 2015, «les résultats financiers de l'activité Trois-Rivières en blues et le spectacle ZZ Top n'ont pas apporté les résultats escomptés» et que cette activité s'est soldée par un déficit de 124 111 $ malgré le versement par la Ville d'une subvention à Trois-Rivières en blues de 115 000 $».

Quel sera le futur bilan de notre futur colisée de 5000 sièges au District 55 malgré un règlement d'emprunt de 53,1 millions $, dont la moitié va augmenter la dette de notre ville, financée via nos taxes municipales?

On apprenait récemment que l'équipe de hockey trifluvienne du Blizzard va fermer ses livres, faute de non-rentabilité. Et on se fie sur une future équipe à Trois-Rivières de la Ligue junior majeur du Québec, pour se partager un marché avec Shawinigan qui peinait à peine il y a quelques années de remplir durant sa saison régulière à peine un peu plus de la moitié de ses sièges disponibles?

Et on ne parle pas des coûts supplémentaires de construction fort prévisibles étant donné que le lieu de construction de ce futur colisée se situe dans une zone «marécageuse» à caractère humide.

Ça vous tente, citoyens de Trois-Rivières, d'embarquer dans cette nouvelle aventure?

Éric Verville

Trois-Rivières




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