Les 100 premiers jours de Trump

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Le président des États-Unis, Donald Trump

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Le Nouvelliste

L'auteur, Jean-Claude Bernatchez, est professeur titulaire en relations de travail à l'Université du Québec à Trois-Rivières.

La cote de popularité de Donald Trump est l'une des plus basses de l'histoire présidentielle américaine soit 35 % (selon certains sondages). Donald Trump sait qu'il a été élu par des gens qui souhaitaient un changement radical ou qui aimaient la vulgarité politique. Après tout, des humoristes vulgaires remplissent des salles de spectacles. En clair, il y a un public pour à peu près tout. Cela Donald Trump le sait! 

Par conséquent, il se dit probablement que s'il tempère ses paroles et ses décisions, il peut perdre son électorat initial sans amener vers lui un nouvel électorat notamment les «obamistes». En effet, 98 % des électeurs qui ont voté pour Trump continuent de l'appuyer sans défaillance.

Par conséquent, si des élections avaient lieu demain entre Trump et Clinton, le résultat serait à peu près le même compte tenu que Hillary Clinton est restée impopulaire et que cette impopularité encourage l'abstentionnisme électoral démocrate, spécialement chez les Noirs.

Ainsi, les démocrates ne pourraient apparemment battre Trump avec Clinton! Ils doivent impérativement changer de «poulain»! Si plusieurs projets de Trump, dont sa lutte contre l'Obamacare, ne passent pas la rampe du Congrès, c'est que des sénateurs ou des représentants républicains sont conscients que Donald Trump est en voie de leur faire perdre leur réélection dans moins de deux ans! D'où l'émergence d'un groupe d'élus républicains anti-Trump.

Finalement, la gestion du président Trump s'actualise sur un fond éthique préoccupant. D'abord, la question d'une complicité potentielle avec l'équipe russe du président Poutine lors de la campagne électorale qui l'a porté au pouvoir hante l'opinion publique.

En soi, cela est susceptible d'entraîner une destitution éventuelle. D'ailleurs, un comité d'élus et une enquête du FBI sont déjà en marche sur le sujet. Vient ensuite la question des redevances fiscales du président Trump au cours des années antérieures. Là encore, ce dernier ne semble pas aisément sorti de l'auberge. 

Terminons avec le sujet complexe des conflits d'intérêts potentiels entourant la présence, outre lui-même, de sa famille immédiate dans des fonctions officielles, notamment son gendre et sa fille. D'une part, le président Trump possède des immeubles un peu partout dans le monde. Certains dirigeants pourraient se servir de ses valeurs commerciales en vue d'influencer sa gouvernance. Le même principe s'applique à son gendre ou sa fille, qui ne semblent pas vouloir s'éloigner de leurs préoccupations mercantiles tout en assumant des fonctions officielles à la Maison-Blanche.

Malgré tout cela, le système démocratique américain semble tenir le coup. Alexis de Tocqueville l'a d'ailleurs décrit comme un système politique exemplaire allant jusqu'à en faire l'apologie. Ce système est-il assez fort pour subir l'épreuve Trump?

Car plusieurs dictatures familiales se sont installées au pouvoir un peu partout dans le monde. La phase Trump constitue une forme de test du système démocratique américain. Plusieurs projets du président Trump ne conviennent pas aux principes démocratiques occidentaux fondés sur l'ouverture et la tolérance.

Mais certaines de ses initiatives sont susceptibles de plaire aux Américains, notamment ses interventions en faveur de l'emploi et son militarisme, s'il s'avère vainqueur quoique risqué. Par conséquent, le président Trump n'a pas dit son dernier mot. L'homme démontre une forme physique étonnante pour son âge. Entre-temps, il dérange abondamment une certaine tradition politique.




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