Un autre 22 avril

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C'est aujourd'hui, 22 avril, que partout dans le monde on célèbre le Jour de la Terre.

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Le Nouvelliste

Je rêve d'un autre 22 avril. D'un 22 avril où l'on ne vient pas d'apprendre qu'un hôtel certifié vert serait à 100 % alimenté au gaz naturel.

D'un 22 avril où l'on ne dirait pas que le mois de mars précédent serait le second plus chaud de tous les temps, derrière un mois de mars «nourri» par un intense El Niño, situation typiqued'une Terre dont le cycle du carbone a été court-circuité par l'homme.

Je rêve d'un 22 avril qui ressemble davantage à celui de 2012, celui où des centaines de milliers de personnes étaient réunies sur le mont Royal, en une seule main, immense. J'étais avec mon fils et j'avais alors le sentiment qu'une nouvelle société était possible, une société plus écologique. 

Malgré le froid, une nécessaire solidarité se vivait, résonnait en chacun de nous. Pulsion réflexe d'une société autrement désemparée?...

Je rêve d'un 22 avril où la venue d'une multinationale dans un parc industriel, avec un projet de 1 milliard de dollars, ne serait pas saluée sans opinion critique, sans que l'on évalue au préalable les tonnes de CO2 générées, sans que l'on se demande si l'on peut créer de meilleurs emplois, plus pérennes, sans que l'on se demande même si ces emplois doivent être créés; et aussi sans que l'on se demande à quoi et à qui serviront les profits. Je ne peux que penser ici à une phrase de Hegel: «À la facilité avec laquelle l'esprit se satisfait,on peut mesurer l'étendue de sa perte.»

Je rêve d'un 22 avril où le cannabis et les pitbulls ne prennent pas le devant sur des enjeux plus criants comme la présente extinction massive des espèces. Je rêve d'un temps où les sols seraient considérés d'abord pour leur apport écologique et non pas comme sources de revenus pour spéculateurs immobiliers.  

Je rêve d'un temps où tous les citoyens du Québec seraient convaincus qu'il est nécessaire de revoir l'ensemble de leurs activités, et ce, tant qu'existe unjour dit du dépassement écologique.

Je rêve d'un 22 avril qui ne serait pas le jour de la Terre mais le jour commémorant celui où l'espèce humaine aura pris conscience qu'il n'y a qu'un seul combat, celui de la préservation de la biosphère.  

Nous pourrions le nommer le jour du grand réveil. Comme le disait déjà en 2001 le philosophe Gunther Anders: «Aujourd'hui, il ne suffit pas de transformer le monde; avant tout, il faut le préserver.»

Marc Brullemans

Trois-Rivières




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