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Le crucifix de l'Assemblée nationale.... (Archives Presse canadienne)

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Le crucifix de l'Assemblée nationale.

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Le Nouvelliste

Le crucifix de l'hôpital Saint-Sacrement de Québec a été enlevé récemment, mais il a dû être replacé rapidement en raison d'une levée de boucliers.

Il en reste un autre dont on parle à l'occasion, à l'Assemblée nationale. Toutefois, si on se projette par exemple en 2050, (c'est pas si loin) le crucifix de l'hôpital n'y sera probablement plus, dans l'indifférence générale et fort compréhensible.

Les députés à Québec auront aussi enlevé la croix sans réprimande des citoyens. C'est l'évolution, au même titre que la disparition du dimanche des Rameaux, la ceinture fléchée, l'harmonica et les danses à claquettes. 

Ces vestiges d'un passé pas si lointain ont cédé leur place. L'histoire, si chère pour tant de monde, peut nous guider, nous renseigner et même nous stimuler. Par contre, la prudence acquise et les découvertes d'aujourd'hui nous poussent à conclure que les données des récits religieux sont parfois loin d'être exacts. 

Faut-il encore vraiment croire qu'un fils de Dieu a été conçu par l'opération du Saint-Esprit? Que l'eau des noces de Cana a été miraculeusement changée en vin? Que son auteur a par la suite subi le chemin de la croix? 

Qu'il a été crucifié entre deux voleurs et qu'il soit ressuscité quelques jours plus tard, le dimanche de Pâques? 

Bien sûr, le crucifix est un symbole mais comment conclure qu'il représente l'espérance, tel que le prétendait récemment dans ces pages Gérard Marier de Victoriaville? Si selon les écrits de ce prêtre, nous désespérons des partis politiques et de l'intégrité de la police, je ne vois pas en quoi la fameuse croix pourrait inciter à l'optimisme souhaité.

Le crucifix, semble-t-il, nous plonge dans nos racines. Mais ce n'est pas parce que Jacques Cartier aurait planté une croix à Gaspé, qu'elle nous aide à éviter les maladies, les tsunamis et autres malheurs... 

Cet objet se décroche lentement depuis une soixantaine d'années, n'en déplaise à ceux qui s'y accrochent encore. L'histoire ancienne est justement ancienne et les signes religieux n'ont plus la cote.

Roger Matteau

Shawinigan




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