Ode à la vie, ode à la mort

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Le Nouvelliste

J'écris aujourd'hui mon opinion. Je ne propose nullement une solution puisque je n'en ai pas. Je veux simplement m'exprimer en tant que femme souffrante, que la mort attire depuis des lustres. Et cela même si je n'ai pas fait de tentative de suicide depuis plus de 17 ans. Et ce n'est pas parce que je n'ai pas fait de tentative depuis des lustres que l'idée n'est pas présente dans mon esprit.

Le suicide des derniers jours m'a interpellée. Comme chaque fois que j'entends parler de suicide. 

J'ai appris ce drame sur un réseau social. Par des questions que posait une de mes connaissances. Elle voulait en apprendre davantage sur un post d'un journaliste.

Ses amies lui ont répondu et lui ont donné des détails. C'est là que j'ai vu qu'il s'agissait d'un suicide. Je suis allée voir à la source, voir les nouvelles des différents médias.

Sur l'un d'eux, j'ai lu la nouvelle dramatique. Cependant, ce qui m'a réconfortée, en bas de la nouvelle, il y avait cette note: «Vous avez besoin d'aide? Contactez le Centre de prévention du suicide les Deux Rives au 1-866-277-3553 ou en suivant ce lien: (http://www.prevention-suicide.qc.ca).»

J'ai aussi lu le commentaire du directeur du Centre de prévention du suicide, Accalmie, M. Luc Massicotte, qui «insiste pour rappeler l'importance de la communication, de la prévention et du recours aux ressources existantes». 

Ce commentaire m'a aussi réconfortée. 

Il est vrai que pour moi, chaque fois que j'entends parler d'un suicide, ça m'interpelle particulièrement. 

Bien que j'aie noté une belle amélioration sur le plan de la couverture médiatique des décès par suicides, je ne serai jamais à l'aise lorsqu'il s'agit d'une telle fin. Ça me ramène aux années où j'ai tant joué avec la vie, avec la mort. 

Je ne me considère plus comme une personne suicidaire. 

J'ai un travail que j'adore, dans un milieu où je suis très bien encadrée, avec des collègues qui sont à l'écoute et qui font preuve d'empathie. Un milieu où je peux exprimer ma souffrance. 

Mais cette souffrance qui m'habite continuellement me tue à petit feu. La mort m'attire. Plus que la vie. Mais je survis. Parce que je ne veux pas faire de peine aux gens qui m'aiment plus que je ne m'aime. 

Merci aux médias de parler de prévention, de nommer les ressources, de faire attention à des gens comme moi pour qui le suicide pourrait être une solution.

Guylaine Boilard

Trois-Rivières




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