Le droit de vivre jusqu'au bout

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L'être dépouillé, entièrement dépendant des autres est aussi et surtout une créature digne et unique le demeurant jusqu'à la fin et qui a tant besoin d'amour et de tendresse.

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Le Nouvelliste

Vieillir c'est perdre des forces, accueillir les pertes qui s'accumulent, faire le deuil de ses rêves, de la possibilité de faire autrement, de faire mieux. Heureux sont ceux-là qui conservent jusqu'à la fin «la légèreté de l'être».

À toute la «joie» naturelle du phénomène du vieillissement vient s'ajouter depuis quelque temps la possibilité qu'un jour pas si lointain on puisse mettre fin volontairement à sa vie. 

Mon Dieu que ça réglerait bien des problèmes! 

Cela allégerait le poids qu'on pèse sur la société, les gouvernements, nos proches. D'un coup le budget consacré à la santé retrouverait un confortable équilibre.

Mais aïe! On parle de nous! On parle d'humains, d'hommes et de femmes qui ont une histoire, ont engendré, multiplié la vie, ont bâti, ont traversé les ans, influencé, etc. 

On parle de gens qui, malgré et à cause de la terrible maladie (l'Alzheimer) qui les afflige, ont justement besoin d'un tout autre projet de société que celui de leur favoriser l'aide médicale à mourir. 

Les vieux ne devraient jamais être un fardeau pour la société. 

Au contraire, ils devraient bénéficier de la même tendresse qu'on a pour les tout-petits. 

Est-ce que notre potentiel de tendresse et de compassion est si limité que seule la beauté de l'enfance puisse y déclencher le mouvement?

Et pourtant vieillir est le processus naturel de la vie; et vieillir signifie avancer usé, affaibli, vulnérable; avancer souvent péniblement jusqu'à la fin. 

Cependant, ce n'est pas seulement un corps qui avance ainsi vers la fin de sa vie. 

L'être dépouillé, entièrement dépendant des autres est aussi et surtout une créature digne et unique le demeurant jusqu'à la fin et qui a tant besoin d'amour et de tendresse.

Je voudrais vivre jusqu'au bout sans déranger personne. Ne pas être un poids pour quiconque. Logiquement, c'est impossible. Est-ce que la seule option qui s'offre à moi sera celle de signer préalablement mon arrêt de mort? 

Je rêve qu'on se mette à penser autrement, tendrement, solidairement. 

Je rêve que la société se tourne vers les vraies valeurs.

Je rêve que jeunes et moins jeunes figurent dans un projet commun d'amour et de compassion plutôt que d'être ballottés aux vents incertains de l'économie.

Hélène Arseneault

Trois-Rivières




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