Journée mondiale de l'eau: l'avenir des bouteilles d'eau

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On voit de plus en plus de villes, d'institutions et d'entreprises qui font le choix de limiter la vente ou la distribution de bouteilles d'eau. Même si le taux de recyclage des bouteilles est passé de 57 % à 63 % entre 2005 et 2012, la consommation d'eau embouteillée a aussi augmenté, ce qui provoque un impact considérable sur l'environnement.

La Presse canadienne

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Le Nouvelliste

L'auteure, Lauréanne Daneau, est directrice du Conseil régional de l'environnement Mauricie.

En 1993, l'Assemblée générale des Nations unies a retenu une journée dans l'année pour inviter les citoyens du monde à réfléchir à notre rapport à l'eau ainsi qu'à poser des actions concrètes afin d'améliorer l'utilisation que nous en faisons. Aujourd'hui, c'est de bouteilles d'eau que nous avons envie de parler.

Depuis plus de dix ans, la consommation de bouteilles d'eau est de mieux en mieux documentée, ce qui incite des collectivités à prendre des mesures pour limiter leur vente au profit de l'eau du robinet.

Selon Recyc-Québec, le taux de recyclage des bouteilles est passé en 2005 de 57 % à 63 % pour l'année 2012. Même si cette augmentation a de quoi nous réjouir, la quantité de bouteilles consommées est elle aussi en hausse, dépassant le cap du milliard en 2008. Peut-on vraiment parler de progrès?

Le paradoxe de la gratuité

Dans ce comportement, il y a là un paradoxe fascinant! Alors que les Nations unies estiment que 663 millions de personnes n'ont pas accès à de l'eau potable, le Québec a une chance extraordinaire de posséder des milliers de lacs et rivières dont la qualité est très enviable. En plus, nos gouvernements ont fait le choix sensé de rendre l'eau accessible et gratuite pour la vaste majorité des foyers. 

Or, nous tenons pour acquis cet accès en oubliant le luxe qu'il représente lorsque l'on sait que bon nombre d'Européens par exemple doivent payer mensuellement leur eau. Certes, il existe malheureusement encore des communautés au Québec qui éprouvent des problèmes d'accès, mais dans l'ensemble, il suffit d'ouvrir le robinet pour se servir à volonté.

Les impacts environnementaux et économiques

Pourquoi alors l'acheter? Pourquoi dépenser dans une industrie qui nous vend ce que l'on a gratuitement à portée de main? Bien sûr, certains contextes rendent l'acte d'acheter une bouteille d'eau tout à fait légitime. Mais derrière ce geste produit 1 milliard de fois par année au Québec, il y a des impacts environnementaux et économiques énormes. 

Le gaspillage, par exemple. Un concept difficile à intégrer considérant l'abondance d'eau potable à laquelle nous avons accès. Il n'en demeure pas moins qu'à long terme, une industrie qui utilise de 3 à 5 litres d'eau pour embouteiller 1 litre ne fait aucun sens.

Cette même industrie consomme des quantités incommensurables de plastique (PET no1 dérivé du pétrole) pour produire des bouteilles qui voyagent des milliers de kilomètres. Ajoutons à ces frais ceux du triage et de l'enfouissement, sans compter les centaines d'années nécessaires pour la décomposition des bouteilles jetées à la poubelle ou, pire, dans la nature.

Des fontaines d'eau et de la sensibilisation

Des gouvernements, municipalités, universités, cégeps et même des écoles primaires ont fait le choix, dans les dernières années, de limiter la vente de bouteilles d'eau sur leur site ou lors de leurs événements.

Cette mesure est souvent implantée graduellement et s'accompagne d'investissements pour l'aménagement de fontaines d'eau pratiques au remplissage de gourdes, ainsi que de la sensibilisation.

Au Québec, Victoriaville a opté pour une campagne de communication visant à informer les citoyens de la très bonne qualité de l'eau municipale, en plus de distribuer 5000 grands contenants d'eau réutilisables à placer au réfrigérateur. La municipalité gaspésienne d'Amqui a adhéré au mouvement des Communautés bleues et ne distribue plus de bouteilles d'eau lors de ses événements publics.

À Montréal, le parti Projet Montréal a talonné le maire Denis Coderre pour qu'il implante des démarches similaires. De leur côté, les universités Bishop, Sherbrooke, Concordia et l'Université du Québec à Rimouski ont aussi procédé au retrait des bouteilles vendues.

À Trois-Rivières, l'université souhaite s'inscrire progressivement dans ce mouvement et ainsi éliminer les 34 000 bouteilles d'eau consommées annuellement sur son campus. 

Ce sont plus de 80 villes canadiennes qui ont fait le choix de limiter la vente de bouteilles d'eau pour les raisons évoquées plus haut. Même les gouvernements provinciaux de la Nouvelle-Écosse et du Manitoba interdisent à leur administration d'acheter des bouteilles de moins d'un litre lorsque des sources d'eau potable sont accessibles. Un effort tout le monde. C'est payant en plus! 

Bonne journée mondiale de l'eau!




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