Dignité, vous dites?

Il y a quelque temps, les médias ont diffusé les images d'un homme indigné... (Archives La Presse Canadienne)

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Le Nouvelliste

Il y a quelque temps, les médias ont diffusé les images d'un homme indigné d'être le cinquième patient dans une chambre d'hôpital et d'avoir été installé entre les portes de deux salles de bain. Il a fallu qu'il s'adresse à des journalistes pour faire bouger les choses.

On comprend que la dignité de la personne malade n'est pas tout à fait la même si l'on est premier ministre ou directeur général ou une simple personne sans histoire et en fin de vie. 

En poursuivant la réflexion de Mme Nicole Poirier dans l'édition du Nouvelliste du 28 février dernier, on réalise que le principe de la dignité visée par la loi 52 n'est vraiment pas clair pour tout le monde et qu'à la question: «Est- ce la maladie qui fait peur ou la perspective de conditions inacceptables?», je réponds que la loi surnommée Mourir dans la dignité ne fait pas grand place aux énergies souhaitées pour élaborer les soins palliatifs de qualité et que l'on fait moins confiance au ministère de la Santé pour bien mourir qu'à des maisons comme Carpe Diem ou Albatros pour sauvegarder cette dignité humaine. 

D'ailleurs, j'ai eu à accompagner quelqu'un à la fin de ses jours et j'ai bien vu qu'entre un lit en soins palliatifs et un autre en CHSLD, il n'y avait pas beaucoup de différences dans les services offerts. 

Est-ce que la portion du budget consacré aux soins palliatifs dans un CIUSSS correspond aux besoins véritables et nécessaires pour assurer une fin digne et humaine de nos proches?

Je serais bien curieux de savoir de quelle façon les parlementaires qui ont voté cette loi pourraient nous donner leur vision de la dignité et est-ce qu'ils sont eux-mêmes assez dignes pour décider les limites de la dignité des autres? 

Pour moi, l'idée d'élargir la portée de la loi 52 pour permettre d'accorder la possibilité de signer d'avance l'autorisation à un médecin de mettre fin à nos jours si notre condition se détériore correspond à un suicide annoncé. 

Je ne crois pas non plus que le traitement que l'on fait à un cheval, un chien ou un chat souffrant en l'abattant, donne de la dignité s'il est appliqué à une personne, même malade.

Je comprends mal l'urgence du député François Paradis, de la Coalition Avenir Québec, à vouloir ouvrir le débat pour élargir l'aide médicale à mourir aux personnes atteintes d'Alzheimer. 

La médecine a mieux à faire que d'abréger la vie de quelqu'un... et il est beaucoup plus urgent d'améliorer les soins palliatifs. 

Pierre Letendre

Nicolet




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