L'anarchiste des itinérants

Adis Simidzija... (François Gervais)

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Adis Simidzija

François Gervais

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Le Nouvelliste

Je ne sais pour vous. Mais moi, si un anarchiste se mêle de venir en aide aux itinérants, je l'implore d'au moins garder ses convictions pour lui.

Voilà en tout cas la pensée qui m'est venue à l'esprit quand j'ai lu, le samedi 11 mars dernier, le texte de Paule Vermot-Desroches au sujet du désistement d'Adis Simidzija de la course à la mairie de Trois-Rivières. 

Car l'homme qui travaille avec lesdits itinérants déclare être anarchiste.

Non pas qu'il soit interdit de se payer le luxe de ne croire en rien ni en personne et de penser qu'aucun engagement ne soit valable. Mais est-il pertinent de l'afficher auprès de ces pauvres mendiants qui, confusément, sont en quelque sorte en quête d'espoir?

Quoi qu'il en soit, s'il est une locution que moi, j'ai un jour retenue au visionnement d'un film, c'est bien celle-là: «l'espoir fait vivre».

C'était dans les années 70 et le film (italien) avait le plus long titre du monde: Le destin insolite dans les flots bleus de l'été. Une oeuvre de Lina Wertmuller.

Deux naufragés souhaitaient qu'on vienne à leur secours: une femme et un homme. 

Tandis que la première s'affolait, l'homme se montrait zen avec sa locution d'à-propos: «l'espoir fait vivre».

C'est ce même espoir qui, nul doute, fait vivre que je tente inconsciemment - et souvent concrètement avec quelques pièces ou de chaudes paroles - de transmettre parfois en croisant dans la rue celles et ceux qui vivent dans la mendicité.

Croyant - sans doute un peu naïvement - qu'il y a sûrement dans la vie de l'espace pour s'épanouir, être autonome; s'affranchir de ses dépendances et de ses lubies.

J'ajouterais que même le plus célèbre des voyageurs sans bagage de la littérature, Rimbaud (dont Mallarmé dira que c'était un «passant considérable»), était toujours armé d'une conviction qui, elle aussi, était considérable...

Quelle était-elle? 

Changer la vie!

Réjean Martin

Trois-Rivières




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    En réaction à la lettre de Réjean Martin intitulée «L'anarchiste des itinérants», publiée dans notre édition du 16 mars dernier. »

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