Le nouveau joueur qu'il faudra surveiller

Gabriel Nadeau-Dubois fait une entrée remarquée sur la... (La Presse)

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Gabriel Nadeau-Dubois fait une entrée remarquée sur la scène politique québécoise. Les prochains mois risquent d'être plutôt intéressants, selon l'auteur de cette lettre.

La Presse

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Le Nouvelliste

Vous savez que j'aime toujours commenter l'actualité politique à tous les niveaux. Je profite donc de cette belle occasion que m'offre le p'tit nouveau sur la scène politique.

Le désistement du Parti québécois en faveur de Québec solidaire, soi-disant par convergence, dans la circonscription de Gouin donne une passe gratuite à Gabriel Nadeau-Dubois pour entrer à l'Assemblée nationale et devenir également co-porte-parole de QS, ce qui le propulsera à l'avant-scène médiatique. Nul doute qu'il saura en profiter avec toute l'assurance qu'il démontre et un certain dédain pour la classe politique actuelle. 

C'est un vent de jeunesse et d'enthousiasme à QS, qui depuis sa fondation était porté à bout de bras par une sorte de mère Teresa qui surfait sur une vague de sympathie depuis la marche des femmes. 

C'est avec fracas qu'il a fait son entrée sur la scène politique. En guise de remerciement au PQ, pour cette faveur, il accuse ce dernier, au même titre que le Parti libéral, d'avoir «trahi le Québec» depuis 30 ans.

Il ajoute même ne pas partager les valeurs du parti. Un sans-gêne qui laisse présager des échanges musclés, car il dit vouloir bousculer la classe politique. Je crois que ce ne sera pas si mauvais en soi, car nous sommes présentement dans un état de stagnation assez lamentable avec le parti au pouvoir.

On n'a pas fini de le voir et surtout de l'entendre. Comme Justin Trudeau, il a le physique de l'emploi. Serait-il lui aussi «le Messie tant attendu», mais pour le Québec cette fois?

Plus jeune que Justin, les femmes de tous âges le trouvent mignon et il a une assurance vaniteuse nous dit Denise Bombardier; un atout non négligeable auprès de la gent féminine dont une grande majorité est apolitique.

Nous n'avions qu'à voir les regards attendrissants de Julie Le Breton à Tout le monde en parle pour le comprendre. Comme Justin, il a une partie des médias (de gauche dans son cas) qui lui est acquise, car il adore les «shows télévisuels».

Nous avons pu le constater à Tout le monde en parle encore une fois, dimanche soir, alors que Guy A. Lepage et son fou du roi lui ont fait une entrevue des plus complaisantes, nous privant de le voir sous son vrai jour. 

Comme Justin, il s'enivre du parfum du populisme - ou devrais-je dire du narcissisme. La différence entre les deux c'est qu'avec le jeune Gabriel, on sait ce qu'il pense alors que Justin est un fédéraliste radical qui se cache derrière de longues phrases creuses et soporifiques qui ne disent jamais rien.

Gabriel, lui, est un vrai séparatiste, affirmant haut et fort, comme le PQ d'ailleurs, que le Québec n'ira jamais nulle part avec le pacte constitutionnel, auquel nous n'avons jamais adhéré et duquel nous sommes les prisonniers depuis 150 ans déjà.

Une majorité des gens le savent également mais... s'en accommodent.

La question qu'on peut se poser: Quel sera son point de vue sur la protection de la langue française, l'identité, l'immigration à haute échelle, les accommodements, l'intégration, la laïcité et la défense de nos valeurs? On sait déjà qu'il est contre le repli identitaire du PQ.

Serait-il, comme notre ineffable premier ministre Couillard, un adepte du multiculturalisme, le véhicule tout-terrain pour se faire du capital politique? Il dit vouloir mettre l'accent sur les gens des communautés culturelles pour dénicher des candidats en vue de la prochaine élection. Mais tous les partis tiennent déjà ce discours.

Sera-t-il vraiment un atout pour QS? Il ne craint pas d'écorcher ceux qui ne pensent pas comme lui. «Je ne suis pas là pour plaire à tout le monde», dit-il. Il remplace une icône qui, bien que dirigeant un parti marginal, était une grande démocrate, qui tout en disant ce qu'elle pensait faisait preuve d'une grande humilité. 

Les prochains mois devraient être plutôt intéressants avec ce nouveau joueur sur l'échiquier qui n'acceptera jamais de se laisser «damer le pion».

Gaston Bouffard

Shawinigan




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