À propos de l'«aide à mourir»...

Honte à tous ceux qui osent prétendre connaître la pensée des autres et ainsi... (Archives La Presse)

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Le Nouvelliste

Honte à tous ceux qui osent prétendre connaître la pensée des autres et ainsi deviennent experts à évaluer leur «qualité de vie». Je veux m'exprimer sur «l'aide à mourir» galvaudée à toutes les sauces de notre système de justice juxtaposé au système de santé.

Au départ, pourquoi aucun de ces experts ne prononce-t-il jamais le mot «euthanasie»? C'est bien simple, pour ne pas avoir à assumer la responsabilité de ce qu'ils n'ont jamais dit. C'est pourquoi ces experts ont tous eu l'art de nous «dorer la pilule». Comment?

Premièrement, en exploitant nos émotions et en valorisant leur ego nous faisant croire à une générosité que je qualifie d'indécente.

Deuxièmement, leur pseudo empathie révèle en fait un égocentrisme déroutant, et je suis polie.

Troisièmement, la vraie question à se poser: à qui cela rapporte? Non seulement financièrement, mais aussi émotionnellement et douloureusement. Qui, au juste, voulons-nous soulager de ses souffrances?

Je vous suggère de lire la définition de l'euthanasie dans différents dictionnaires. Aucun n'utilise l'expression «l'aide à mourir» qui, moins brutale, nous apparaît plus douce, voire presque gentille! 

On nous dit qu'il faut être de son temps, qu'il faut évoluer. D'accord, encore faut-il que l'évolution soit bonne, au moins meilleure.

Je souhaite distinguer deux éléments:

> Les directives médicales anticipées nous permettent de choisir entre accepter ou refuser des traitements dans des situations précises. Par exemple, j'ai le droit de refuser la RCR, ou encore la dialyse.

> L'euthanasie (qui n'est pas un traitement), c'est autoriser une personne habilitée à poser un geste qui fera cesser la vie d'un être humain ou d'un animal. Par exemple, donner une ou des injections létales.

Mon propos peut sembler brutal. Cependant, il est clair que chacun peut comprendre la différence entre ne plus vouloir être traité et vouloir être euthanasié. Il est essentiel d'utiliser des bons mots, des vrais mots, des mots francs qui exposent la réalité, si pénible soit-elle. La connaissance est primordiale pour respecter notre liberté de choisir ce qui est bien pour soi. 

Encore aujourd'hui, face à la démence de type Alzheimer, nos connaissances sont encore minimes et le vécu des personnes atteintes n'est pas reconnu comme il se devrait. Notre volonté devrait être axée sur le chemin à parcourir plutôt que sur la fin de route. J'ai 69 ans et je parcours encore les chemins de la vie.

Je ne demande à personne de partager mon opinion. Je souhaite seulement qu'on réfléchisse en toute connaissance de cause.

Jocelyne Martel

Shawinigan




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