Le Québécois est-il raciste et xénophobe?

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Depuis quelques années, les signes religieux envahissent les CPE, les écoles, les hôpitaux et la fonction publique.

La Presse

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Le Nouvelliste

Comment le savoir? On ne peut lire dans son coeur et dans sa tête. C'est donc par son comportement qu'on peut juger. Terre d'immigration, le Québec a vu de nombreuses vagues d'étrangers fouler son sol et s'y établir. Aussi avons-nous au Québec des citoyens de toutes origines et religions qui sont des actifs pour la société.

Mais une chose que l'on constate aujourd'hui, c'est qu'on ne vous demande pas votre religion au moment où vous vous présentez pour un emploi. Les formulaires à remplir par le candidat comportent une foule de détails, sauf la «Religion et la nationalité d'origine». 

Comme pour l'obtention d'un appartement, il ne doit pas y avoir de discrimination. On doit choisir le candidat d'après sa compétence et son expérience et non d'après sa race, sa religion ou sa nationalité. 

Mon vécu au Québec me l'a confirmé plus d'une fois et m'a donné à penser qu'ici la religion des gens n'avait que peu d'importance, dans les relations avec les autres, surtout dans les grandes villes. La plupart des gens ne s'immisce pas dans les affaires privées d'autrui. 

Mais voilà, que plus récemment, avec l'arrière-plan de nombreux actes de terrorisme et d'exactions en Europe, au Moyen-Orient et en Asie centrale, une vague d'immigrants est arrivée chez nous et a mis en avant un signe «religieux» visible: le voile islamique.

Non seulement ce signe, mais tout un code de vie qui vient heurter de front la population et les employeurs par l'exigence d'accommodements religieux. La religion est mise à l'avant-scène et souvent avec arrogance.

Cette ostentation a perturbé plus d'un Québécois et plus d'une Québécoise et a affecté leur rapport aux musulmans. On ne naît pas xénophobe! Le Québécois, jaloux de sa liberté sous toutes ses formes, n'aime pas qu'on exagère. Pour lui, la religion doit rester du domaine privé. Cela a été conquis de hautes luttes tout comme l'égalité homme-femme.

Or, ces signes islamiques ostentatoires et ce code de vie qui mettent une distance voulue avec les hôtes de ce pays ont de l'influence sur le vivre-ensemble, en particulier dans le domaine de l'emploi. Il faut se mettre dans la peau des employeurs. Pour le patron, qui cherche la stabilité dans la gestion du personnel et le rendement chez ses employés, le travailleur est généralement bon tant qu'il produit. Sa foi, son âme, sa conscience l'intéresse peu. 

Or, la chose la plus importante pour un immigrant, c'est de trouver un travail qui correspond à ses compétences. Alors comment peut-il réussir à dénicher un emploi s'il indispose l'employeur par des demandes d'accommodements religieux? Il s'exclut lui-même et ensuite il crie au racisme et à l'islamophobie. Il est impossible d'obtenir un gagne-pain sans effort, sans abnégation. C'est dur et difficile, l'immigrant que je suis le sait! 

Depuis la Révolution tranquille, la société québécoise s'acheminait progressivement mais sûrement vers la laïcité: neutralité du personnel dans les services publics et séparation du religieux et de l'État.

Mais à cause de la prolifération des signes religieux envahissant les CPE, les écoles, les hôpitaux, la fonction publique... et j'en passe, les autorités ont mis un frein à cette marche vers la neutralité dans la sphère publique. Et cet atermoiement va à l'encontre des aspirations des Québécois pour le mieux vivre-ensemble.

Le gouvernement actuel essaie d'équilibrer la situation... en ne faisant rien. Pourtant pour légiférer pour le bien de la collectivité, le gouvernement n'a qu'à tenir compte d'une part, des besoins de la population et des employeurs et, d'autre part, des us et coutumes de ces récentes vagues d'arrivants... parfois incommodants et revendicateurs. Et c'est là le drame.

Si le gouvernement balaie le problème sous le tapis et ne fait rien, il exacerbe la population et alimentera le racisme et la xénophobie. Ce ne sera pas une simple question d'évincer les partis de l'opposition, mais cela aura comme conséquence d'évincer les valeurs d'un des peuples fondateurs de ce pays, les Québécois!

Roger Greiss

Shawinigan




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