Un défaut d'intelligence et de jugement

La notion d'héritage peut avoir plusieurs définitions. Selon... (Archives Le Nouvelliste)

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La notion d'héritage peut avoir plusieurs définitions. Selon l'auteur de la lettre, on peut aussi laisser à nos enfants toutes sortes de «shit», comme les conséquences environnementales du forage des gaz de schiste.

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La langue française appelle ça une bêtise, une ineptie, une niaiserie.

Au royaume du langage, tout plein d'expressions ne font aucun sens. Sauf celles qui s'adressent directement au sentiment de culpabilité. Là, ça marche. Prenons-en une qui se détaille en plusieurs versions.

«Pelleter les dettes par en avant»; «laisser les futures générations payer le manque de prévoyance». Faut admettre que ces expressions fonctionnent. Elles génèrent un lot de sentiments coupables par en dedans. Peut-être même maintenant.

«On ne va pas laisser à nos enfants le fardeau de payer les dettes et le déficit que notre génération pourrait produire». Pour enfermer la discussion dans le sentiment, voilà qui est efficace. Résultat: les élus et non-élus s'occupent de demain, tout en sachant ne pas s'occuper du tout-de-suite.

Pourtant, la BMO, Investor Economics, Asset International ou Strategic Insight de même que conseiller.ca, tous savent que près de 37 milliards de dollars vont changer de mains dans les 15 prochaines années. On parle du Québec en chair et en os ici. 

Parce que les boomers (nés entre 1945 et 1965: de 52 à 72 ans), au nombre de ± 2 680 000 personnes, ont déjà commencé à mourir et vont continuer en masse. Pour faire ça court, 250 000 Québécois s'attendent à recevoir autour de 150 000 $ en héritage d'ici les quinze-vingt prochaines années. Ta-dam, pour un total de 37 milliards $. 

Quand t'es un gouvernement, t'aimes mieux ne pas donner ce genre d'informations-là. Tu deviens un peu illégitime côté radin-budgétaire. Ce transfert d'argent est bien réel et les dettes-déficit envisagés sont affabulés.

Mais, il semble qu'on puisse laisser à nos enfants toutes sortes de shit. Comme des cours d'eau devenus dangereux, des terres cultivables finies, des nappes phréatiques d'eau douce (phréatique, ça veut dire qu'on peut puiser son eau dedans, comme dans un puits) rendues toxiques, imbuvables, non utilisables. Par les effets, le puisage, et le forage des gaz de schiste qui se préparent sur la rive sud.

Ces horreurs-là on pourrait les laisser en héritage à nos enfants. C'est un peu beaucoup ça qui supporte les tests et prétextes des compagnies intéressées à en profiter. 

Mais comment ça? Comme à l'habitude, pour des poignées pleines d'argent. Pas pour vous (ou si tant tellement peu). Pas pour nous. Il est où le bénéfice de ces menaces pour l'ensemble de la population? Aucun! 

M. Jean-François Veilleux a écrit dans ces pages un cri de l'âme, un cri de douleur qui faisait écho aux malaises et à la maladie desquels souffre la démocratie. 

Au Québec et partout dans le monde dirigé par une démocratie malade. D'une sorte de cancer des cellules qui produisent de la richesse. Elles se dédoublent follement pour conserver cette richesse à l'intérieur d'elles. Cellules privées. Intimement privées.

«Cynisme ambiant», «perte de confiance, de croyance en la démocratie», «déçus de la politique», «les Québécois ont de la misère avec l'argent». NON! Celle-là, pu capab'! Les Québécois ont de la misère, oui. Mais pas avec l'argent. Peuvent pas avoir de la misère avec l'argent, y en n'ont pas!

Mais, à voir l'argent qui se fait autour d'eux, ils sont en droit de se demander «pourquoi y nous en revient jamais?». C'est sûrement que t'es trop cruchon chôze. Tu ne donnes pas de contrat, tu ne reçois pas de contrat, tu ne passes pas à la télé, t'es pas dans l'asphalte ni le béton ni le métal. Ni dans l'ingénierie et la construction. Pas plus dans le milieu des professionnels de la santé que dans le domaine financier. Ben c'est ça! T'es fait'.

«Ouais, mais pourtant c'est avec notre argent que ce monde-là fait le leur!». Ben oui! On fait quoi là? Ta yeule!

Jean-Claude Soulard

Trois-Rivières




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