Comment en est-on arrivé là?

On a beaucoup vu les politiciens de tous... (AFP)

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On a beaucoup vu les politiciens de tous les niveaux de gouvernements dans les heures et les jours qui ont suivi l'attentat à la mosquée de Québec. Selon l'auteur de cette lettre, il est maintenant temps que ceux-ci affirment haut et fort nos valeurs, nos coutumes et nos droits aux personnes que le Québec accueille.

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Le Nouvelliste

Un terrible drame s'est produit chez nous et l'auteur de cette tuerie n'était pas un ennemi, un intégriste musulman, mais un des nôtres.

Et pour la première fois, les politiciens ont osé utiliser le terme «geste terroriste». Enfin! Il était temps. Mais il a fallu six morts, ici chez nous pour qu'on utilise les mots justes. Nous étions habitués au déni total de la vérité.

C'était toujours «un cas isolé», «un geste de violence», «un tireur fou». «un loup solitaire». Il était aussi impossible également qu'une telle chose se produise ici, en cette terre d'accueil, de tolérance et d'accommodements de toutes sortes. Comment en est-on arrivé là?

Il y a dix ans déjà, un homme d'ici, André Drouin, avec «un certain sarcasme» (c'est parfois le seul moyen d'être entendu) avait livré un message d'alarme, avait fait scintiller une lumière rouge. Mais on a ri de lui; on l'a tourné en ridicule.

Par la suite, on a eu droit à une consultation, disons bidon, qu'on a appelé «La commission Bouchard-Taylor». On a beaucoup parlé, on a dépensé beaucoup d'argent mais par la suite, rien ne s'est fait. Tabletté, encore une fois.

En fin de compte, il appert que c'est à nous de nous accommoder aux nouveaux arrivants. Pour citer monsieur Drouin dans notre journal du 25 janvier, «on dit aux nouveaux arrivants: faites ici ce que vous faites chez vous.»

On a tellement peur de passer pour des islamophobes. Le résultat aujourd'hui nous frappe d'aplomb. Nous avions peur du radicalisme islamiste et voilà que ce sont nos jeunes à nous qui se radicalisent et attaquent d'autres gens d'ici, parce qu'ils sont différents. Il est aberrant de constater que les victimes visées étaient celles d'une communauté bien intégrée, qui ne se cache pas derrière des voiles, et qui se disent fiers d'être québécois.

Pourquoi? Se pourrait-il que les jeunes prennent conscience que tous ces accommodements sont consentis, bien souvent, à nos dépens? Loin d'être islamophobes, nous sommes très tolérants. Les gouvernements font très peu pour permettre l'intégration des nouveaux arrivants et les encourager à apprendre d'abord le français, notre langue, celle de la majorité.

Les jeunes constatent que ces nouveaux arrivants apprennent d'abord l'anglais, comme on le leur recommande d'ailleurs, pour se dénicher un bon emploi, surtout à Montréal. Et les jeunes francophones, dont plusieurs ont décroché d'un système qui ne leur est pas favorable et qui ne sont pas bilingues, deviennent de plus en plus des chômeurs ou des assistés sociaux. Pourraient-ils se radicaliser? Vous savez la réponse.

Nos bons gouvernements sont supposés avoir un plan pour combattre la radicalisation, mais il faudrait d'abord arrêter de faire passer les droits de minorités avant ceux de la majorité. Nous tolérons, mais il y a une limite à tout.

Ce terrible événement, médiatisé à outrance, a rapproché les gens, les communautés, mais la poussière retombera et il ne faudrait pas que ça continue comme avant. Lors d'une conférence de presse, on a vu tous les corps policiers derrière la table, dans leurs plus beaux habits, nous dire qu'ils avaient la situation bien en mains et que leur personnel était bien formé, mais en fait, il n'y avait plus rien à gérer.

La catastrophe était passée et le tireur s'était livré lui-même. La seule chose qui reste à déterminer est de savoir comment Bissonnette a pu se procurer ses deux armes, dont une à «autorisation restreinte».

Messieurs les politiciens de tous les niveaux, on vous a beaucoup vus; vous avez su être émouvants, vous nous avez parlé d'amour, de tolérance et du vivre ensemble dans ce beau multiculturalisme que vous chérissez tant et qui est une des causes majeures de toutes ces discordes, où nous ne nous reconnaissons plus.

Vous avez même mis de côté la partisanerie politique pour parler d'une même voix. Mais maintenant, messieurs les premiers ministres, vous devez affirmer haut et fort dans quelle province et dans quel pays nous vivons et faire valoir nos valeurs, nos coutumes et nos droits comme peuples fondateurs à ces gens que nous accueillons. 

Gaston Bouffard

Shawinigan




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