La tolérance

Ayant vécu en France au 18e siècle, un pied dans le régime monarchique et... (123RF)

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Le Nouvelliste

Ayant vécu en France au 18e siècle, un pied dans le régime monarchique et l'autre dans la Révolution, François Marie Arouet dit Voltaire, esprit critique, grand épistolier, écrivain remarquable, se fit connaître pour ses attaques contre les abus de l'État, la corruption de l'Église, l'hypocrisie. Il dut quelques fois se réfugier dans l'exil pour échapper à la prison et à la mort. Bienfaisant pour les siens, acharné à corriger l'injustice (en réhabilitant des personnes - inconnues de lui - injustement condamnées par intolérance), il se montra d'une humanité toute moderne dans un monde qui était alors régi par des règles de castes, de pouvoir arbitraire, d'ethnie et d'intolérance religieuse.

Apôtre de la tolérance, notamment de la tolérance religieuse et sociale, il composa maintes diatribes contre les dogmes de toute sorte, la discrimination de richesse, de race et de religion. Dans son «Dictionnaire philosophique», au mot «Credo», Voltaire, l'auteur de Candide, nous propose sa contribution aux problèmes d'intégration interculturelle qui secouent notre monde contemporain. 

Je crois en un seul Dieu, et je l'aime. Je crois qu'il illumine toute âme venant au monde, ainsi que le dit Saint Jean. J'entends par là toute âme qui le cherche de bonne foi.

Je crois en un seul Dieu, parce qu'il ne peut y avoir qu'une seule âme du grand tout, un seul être vivifiant, un formateur unique.

Je crois en Dieu le père tout-puissant, parce qu'il est père commun de la nature, de tous les hommes qui sont également ses enfants. Je crois que celui qui les fait tous naître également, qui arrangea les ressorts de notre vie de la même manière, qui leur a donné les mêmes principes de morale, aperçue par eux dès qu'ils réfléchissent, n'a mis aucune différence entre ses enfants que celle du crime et de la vertu.

Je crois que le Chinois juste et bienfaisant est plus précieux devant lui qu'un docteur d'Europe pointilleux et arrogant.

Je crois que Dieu étant notre père commun, nous sommes tenus de regarder tous les hommes comme nos frères.

Je crois que le persécuteur est abominable, et qu'il marche immédiatement après l'empoisonneur et le parricide.

Je crois que les disputes théologiques sont à la fois la farce la plus ridicule et le fléau le plus affreux, immédiatement après la guerre, la peste, la famine et la vérole.

Je crois que tous les prêtres qui desservent une paroisse doivent être mariés, non seulement pour avoir une femme honnête qui prenne soin de leur ménage, mais pour être meilleurs citoyens, donner de bons sujets à l'État, et pour avoir beaucoup d'enfants bien élevés.

Paradis aux bienfaisants!

Louis Laurencelle

Trois-Rivières

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