Quand les électeurs préfèrent les candidats incompétents

Les leaders du camp en faveur du Brexit... (NYT)

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Les leaders du camp en faveur du Brexit au Royaume-Uni, dont notamment Nigel Farrage et Boris Johnson puis Donald Trump aux États-Unis, ont tenu au cours de leurs campagnes des discours clairement erronés lorsqu'ils n'étaient pas simplement délirants.

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Le Nouvelliste

Les leaders du camp en faveur du Brexit au Royaume-Uni, dont notamment Nigel Farrage et Boris Johnson puis Donald Trump aux États-Unis, ont tenu au cours de leurs campagnes des discours clairement erronés lorsqu'ils n'étaient pas simplement délirants.

Cela n'a pas empêché leurs victoires électorales. Et cela en dépit de leur incompétence, par la démagogie et grâce à leur capacité à jouer sur les sentiments, la peur et l'insécurité de leurs électeurs.

Ces derniers auraient en quelque sorte été mystifiés, oubliant momentanément les faits objectifs ainsi que la raison pour voter de manière irrationnelle et impulsive.

Dans cette ère de «postvérité», Kellyanne Conway, conseillère du président Trump, qualifié par son biographe de menteur pathologique, parle sur NBC de «faits alternatifs». 

Un nouveau concept, un terme orwellien s'il en est, très critiqué par la presse américaine, qui y voit à la fois une stratégie pour affaiblir les médias comme contre-pouvoir, et une inquiétante menace pour la démocratie. 

«Tout ce que nous pouvons faire est de monter à la barre et le dire de manière simple et sans équivoque: un mensonge, c'est un mensonge!», a souligné sur Facebook le journaliste vétéran Dan Rather.

Quant au quotidien britannique The Guardian, il s'est amusé à caricaturer les faits alternatifs en ces termes : 

- Vous voyez ce cheval ? Dites-moi ce que c'est. 

- C'est un cheval. 

- Non, c'est un vaisseau spatial. » 

Dans ce contexte, deux économistes de l'Université Harvard, Rafael Di Tella et Julio Rotemberg, ont interrogé 3532 électeurs américains sur leurs intentions de vote, ainsi que sur leurs opinions concernant la compétence des candidats et le niveau de corruption des dirigeants politiques américains dans les jours qui ont précédé l'élection présidentielle. 

Sans surprise, l'immense majorité des personnes interrogées, soit 65 % contre 12 %, considérait qu'Hillary Clinton était plus compétente que Donald Trump. De plus, les personnes ayant l'intention de voter Trump considéraient le niveau de corruption le concernant sensiblement plus élevé, par rapport à ceux ayant l'intention de voter Clinton.

En disséquant ces résultats, les auteurs du sondage ont pu établir que les personnes vivant en zones rurales et les personnes blanches ayant un faible niveau d'études vivant dans des zones urbaines qui constituent le coeur de l'électorat de Trump semblent l'avoir choisi à cause, et non en dépit, de son incompétence. 

Cette étude apporte un éclairage intéressant aux résultats électoraux récents: il se pourrait, nous sommes prévenus, que les poussées populistes profitent de l'entrée dans l'ère de la «postvérité» et de la défiance.

Et pour cette raison, comme la démocratie ne marche pas toujours comme on voudrait, la vigilance s'impose.

Claude Gélinas

Shawinigan

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