Une Mauricie pas banale

Louis-Joseph Papineau est une des personnalités politiques qui...

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Louis-Joseph Papineau est une des personnalités politiques qui ont marqué l'histoire de Sainte-Anne-de-la-Pérade, qui fête cette année son 350e anniversaire.

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Le Nouvelliste

Essayons de donner un paysage à ce portrait. Ça se passe chez le marchand général et commerçant de Sainte-Anne-de-la-Pérade - qui célèbre son 350e anniversaire cette année, rappelons-le. Son nom: Pierre-Antoine Dorion. C'est le premier député du comté de Champlain, nouvellement séparé du comté de Saint-Maurice où son beau-père, Pierre Bureau, est député.

Il reçoit chez lui les députés du parti et les sympathisants. De même que la vedette et chef du parti: Louis-Joseph Papineau. Ensemble, ils fêtent le deuxième anniversaire de la Société Saint-Jean-Baptiste, créée en 1834. En même temps, ils préparent le Grand Banquet de la SSJB qui aura lieu à Saint-Ours le 24 juin 1836.

La «générale» a lieu à Sainte-Anne et la «première» à Saint-Ours. On est à un an du début des rébellions patriotes de 1837-38 [180 ans de remémoration cette année]. Aujourd'hui, par un effet de langage on parle plutôt de «troubles» pour désigner ces évènements.

P.-A. Dorion, président du Grand Banquet, soumet l'idée de porter un toast au roi George IV sur la durée et la pérennité d'une forme de gouvernement. Il reçoit un appui unanime. Voici ce que ça donnera comme propos:

«Qu'il n'oublie pas qu'il n'est nulle forme de gouvernement dont la prérogative soit d'être immuable, nulle puissance politique qui, née d'hier ou d'il y a mille ans, ne puisse être abrogée dans dix ans ou demain».

Faut être capable d'imaginer le culot, l'audace du personnage. Pierre-Antoine Dorion est député du parti de Louis-Joseph Papineau de 1830 à 1838. Bref, jusqu'à ce que la constitution du Bas-Canada soit suspendue et la Chambre d'assemblée abolie le 27 mars, suite aux rébellions. 

C'est un notable. Sa maison est juste à côté de l'église où il a son banc pour sa famille de neuf enfants. Il est marié à une Bureau de Trois-Rivières: Geneviève Bureau, elle-même fille de Pierre Bureau, député patriote de Saint-Maurice. Ça jase en masse dans la maison familiale.

Constatant que les Irlandais, Écossais, Allemands et Anglais s'étaient donné une Fête nationale, «pourquoi les Canadiens français n'en auraient-ils pas une pour les distinguer?» 

Ça se passera en 1834. Le héraut et messager de la collectivité allait être Jean-le-baptiseur du Christ comme annonciateur de la nation à venir. D'où la Société Saint-Jean-Baptiste et la fête du 24 juin, collée sur le solstice d'été comme le 25 décembre est collé sur le solstice d'hiver. L'un annonçant l'autre.

Ça prenait du cran. Fallait être un peu fantasque aussi. Comme la Mauricie pouvait l'être dans ces années. 

Pourtant, à côté de chez lui, un certain Louis-François Richer Laflèche naissait le 4 septembre 1818. Son fils Antoine-Aimé était né la même année, le 17 janvier. Le premier allait devenir le Mgr Laflèche ultra-catholique de Trois-Rivières en 1867. 

Le second deviendra le successeur de Papineau comme chef du Parti Rouge en 1854 et sera le principal opposant au projet de Confédération.

Dans la famille de P.-A. Dorion, on compte entre autres Hercule, curé célèbre à Kingsey, Drummondville et, surtout, à Yamachiche (1853-1889).

Puis Élise, supérieure des Soeurs de la Providence à Saint-Jean-de-Dieu. Mais aussi Jean-Baptiste-Éric, surnommé «l'enfant terrible», député rouge, opposé au clergé, fondateur du journal partisan L'Avenir, en 1847.

Il n'y a rien de banal dans ce qui précède et ça s'est déroulé «dans une province près de chez nous».

Jean-Claude Soulard

Trois-Rivières

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