La tromperie au pouvoir

Maintenant qu'il est à la présidence, Donald Trump... (AP)

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Maintenant qu'il est à la présidence, Donald Trump ne change pas ses habitudes: il continue de présenter les choses de manière à favoriser ses objectifs, que ce soit exact ou non.

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Le Nouvelliste

L'auteure, Jacinthe Lafrance, est responsable des communications pour le diocèse de Nicolet.

L'effrayante percée politique de Donald Trump, aux États-Unis, a pris beaucoup de gens - par ailleurs clairvoyants - par surprise. Comment un tel personnage pouvait-il s'immiscer dans les plus hautes sphères du pouvoir public?

Malheureusement, durant ses campagnes à l'investiture et présidentielle, une partie de la classe journalistique s'est amusée de ses mensonges au lieu de les dénoncer... Quand il ne s'agissait pas de les perpétuer tout bonnement, dans le cas des médias partisans de son programme. 

Il est de pratique courante, en journalisme, de rapporter de manière équitable les propos d'adversaires politiques. «Celui-ci affirme», alors que «celle-ci rétorque», et le tour est joué! On a rapporté l'information de façon objective.

Ce qui pourrait être juste, tant que les interlocuteurs ne font que diverger d'opinion. Mais ce journalisme «de l'équilibre» a son revers, et c'est lorsqu'il se pratique dans une situation où les faits sont manipulés, voire inventés. Et c'est bien à cela qu'on a affaire avec Donald Trump, qu'il soit question d'immigration, d'économie, d'environnement... ou simplement de l'ampleur d'une foule!

Maintenant qu'il est à la présidence, on voit que ses habitudes ne changent pas: il continue de présenter les choses de manière à favoriser ses objectifs, que ce soit exact ou non.

Ses proches collaborateurs défendent même l'usage de «faits alternatifs». Alors, tant que la rumeur restera à son avantage, on peut s'attendre à ce qu'elle sorte de la bouche même des plus hauts porte-parole de la Maison-Blanche. Dans de tels cas, il faudra que les journalistes, dont le métier est de mettre la vérité en lumière, sachent s'interposer. 

En septembre dernier, alors que la campagne présidentielle battait son plein, le pape François s'est adressé à une audience réunissant environ 400 journalistes italiens. Il n'y allait pas de main morte en affirmant qu'un journalisme basé sur la rumeur et qui instille la peur de l'autre équivaut carrément à du terrorisme. Et il avait raison.

On dit du nouveau président républicain qu'il est un populiste et un démagogue. User de démagogie, c'est utiliser un discours flatteur ou qui appelle aux passions pour diriger l'opinion d'un groupe. S'il est un sujet qui appelle aux passions, c'est bien la peur de l'autre, de l'étranger, du différent. Cette peur fait des ravages. Et il n'est rien de plus facile que de propager des rumeurs au sujet de ceux qui nous sont étrangers.

Comme dit le pape François: «On peut tuer quelqu'un avec sa langue. Si cela est valable pour une personne, dans sa famille ou au travail, ce l'est d'autant plus pour les journalistes, car leur voix rejoint beaucoup de gens. C'est donc une arme très puissante». 

En ce qui concerne la politique américaine, nous ne pouvons être que des observateurs craintifs. Mais Donald Trump n'a pas le monopole de la rumeur mensongère et de la démagogie. Dans notre exercice citoyen, en tout temps, il nous revient de chercher l'information qui relève de ces trois principes justement énoncés par François: l'amour de la vérité, le professionnalisme et le respect de la dignité humaine.

Ainsi, on ne saurait faire écho à la rumeur qui tue.

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