Rions un peu

Les nouvelles publicités du ministère de la Santé... (Photo tirée d'une vidéo YouTube)

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Les nouvelles publicités du ministère de la Santé et des Services sociaux comme celle-ci avec une jeune étudiante qui chante faux et qui pourrait se tourner vers une carrière en santé, font beaucoup jaser ces jours-ci.

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Le Nouvelliste

L'auteur, David Crête, est professeur de marketing à l'École de gestion de l'UQTR.

Nous avons l'épiderme bien mince. Je suis toujours abasourdi de constater comment certaines publicités soulèvent les passions. Les concepteurs et les annonceurs font tout ce qu'ils peuvent pour produire des publicités au message clair, sans confusion. Pourtant, une fois digérées par le consommateur, tout peut dérailler. 

Les dernières publicités du ministère de la Santé et des Services sociaux visent les jeunes qui sont soit en choix de carrière ou en réorientation. On parle des moins de 35 ans. On souhaite les attirer vers les métiers liés à la santé.

La première leçon en publicité est de bâtir un message qui parle à la cible. Il s'avère que l'humour est une manière de rejoindre cette clientèle. Et pas seulement elle. L'humour fonctionne souvent. Il est une technique efficace pour attirer l'attention et la conserver. Tout un défi dans l'univers ultra éclaté des médias et du web.

Certains individus ont même un plus grand besoin d'humour, le «need for humor». Ces individus vont se souvenir davantage d'un message drôle, celui-ci s'imprégnant dans leur esprit. Alors ceux qui ont tant critiqué ces nouvelles publicités du ministère de la Santé ont sans doute un besoin moins grand...

Cette semaine, un autre exemple retient l'attention, celui de Via Capitale. La firme immobilière a décidé de retirer sa publicité du chanteur chantant le changement de sexe du père pour justifier le déménagement de la famille. Féroce montée aux barricades de certains qui ont vite crié à la transphobie soit l'aversion pour les personnes transsexuelles ou transgenres. On ne pourrait exagérer davantage. 

Mais cette réaction de la compagnie montre à quel point les annonceurs sont frileux, comment la réalité se brouille littéralement dès qu'un groupe d'individus hausse le ton. Les publicités annulées ou retirées ont exigé des efforts importants, financiers et stratégiques, notamment. Alors pourquoi les retirer aussi rapidement?

Si l'annonceur croit qu'il rejoint la cible, il ne devrait pas lancer les gants aussi aisément. Il a peur d'un boycott? Qu'il se rassure, un tel appel ne fonctionne généralement pas. La polémique, si polémique il y a, va durer 24 ou 48 heures. Sa réputation n'en sera pas entachée. 

Les lobbys sont aujourd'hui si nombreux que l'industrie de la publicité doit se ressaisir et cesser d'avoir peur. La publicité, qu'on aime ou pas, est une industrie planétaire de plus de 550 milliards $ qui fait vivre d'autres industries dont celle du divertissement. C'est elle qui vous permet de lire ce texte, gratuitement ou selon un abonnement dérisoire face aux coûts réels de production d'un quotidien.

Oui, parfois, la publicité va trop loin. Et n'est pas drôle. 

Mais ayons donc l'épiderme moins sensible. Rions un peu.

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