Briser le silence

Alice Paquet a révélé l'an dernier les agressions... (Tirée d'une vidéo Facebook)

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Alice Paquet a révélé l'an dernier les agressions sexuelles dont elle aurait été victime.

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Le Nouvelliste

Le cas d'Alice Paquet n'est pas un cas isolé. Au contraire, il représente la réalité de plusieurs femmes, harcelées ou recevant des commentaires sexistes sur leur lieu de travail.

Cette jeune femme de 21 ans affirme avoir été agressée sexuellement par Gerry Sklavounos. C'était il y a deux ans, lorsqu'elle travaillait à l'Auberge Louis-Hébert, l'hôtel où séjourne fréquemment le député libéral de la circonscription de Laurier-Dorion.

Il est totalement inadmissible que nos politiciens adoptent de façon répétée des comportements à caractère sexuel. Comment se fait-il que ce genre d'agissements, interdits par la Charte canadienne des droits et libertés, soit toléré? La culture du silence est présente au sein même de notre Parlement.

En tant qu'étudiante ayant comme but de faire carrière dans le milieu politique, ce scandale me préoccupe énormément. Certes, le sexisme existe dans d'autres domaines, mais il n'a aucunement sa place sur nos collines parlementaires.

La politique est un domaine dominé depuis longtemps par les hommes et le fait que certains d'entre eux aient des paroles ou des comportements très peu respectueux envers les femmes n'encouragera pas la hausse du nombre de femmes à l'Assemblée nationale. Présentement, sur 125 membres, il n'y a que 37 femmes qui y siègent.

Alice Paquet dénonce ce que plusieurs femmes vivent sur leur lieu de travail. La différence est qu'elle a décidé de briser cette culture du silence.

Selon le ministère de la Sécurité publique, près de 90 % des agressions sexuelles ne sont pas déclarées à la police. C'est un chiffre alarmant, mais il démontre le peu de confiance qu'ont les victimes en notre système de justice.

Surtout lorsque ceux qui votent des lois pour les protéger sont ceux-là mêmes qui posent ces actes dégradants! C'est bien beau rédiger des lois contre le harcèlement, mais il est impératif que nos politiciens les respectent. Autrement, celles-ci n'ont aucune crédibilité.

Nombreux sont ceux qui ont tenté de justifier les agissements du député en décrédibilisant la victime. Ils se permettent de la juger sur son passé d'escorte. On ne cessera de le répéter: sans oui c'est non! Peu importe le comportement d'une femme ou son passé, elle mérite d'être respectée. Il est important qu'à notre époque, la femme indépendante et émancipée puisse se sentir en sécurité et confortable dans sa vie professionnelle.

Toute personne ayant des comportements déplacés envers des femmes n'a pas sa place au sein de notre gouvernement. Le député de Laurier-Dorion a bien fait de se retirer du caucus libéral, mais ce n'est pas assez. Il doit démissionner, car il n'est plus à sa place. Comme l'a dit Lise Thériault, la ministre de la Condition féminine lors de la vigile sur le campus de l'Université Laval, «peu importe ce que les gens font dans la vie, personne n'est au-dessus des lois».

Il est important de cesser de banaliser le harcèlement sexuel, trop de personnes en sont victimes. D'ailleurs, au Québec, il est malheureux que dans les 44 millions $ investis par Québec pour lutter contre les violences et l'exploitation sexuelles, il ne soit à aucun moment question d'éducation sexuelle à l'école. Nous contribuons à perpétuer cette culture du silence, il est important d'en parler afin de stigmatiser cette pratique.

Claudine Kablan

Étudiante en sciences humaines

Collège Laflèche

Trois-Rivières

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