L'UPA et l'industrie de la motoneige en otage

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Le Nouvelliste

En réaction à la lettre de Marcel Groleau, président général de l'Union des producteurs agricoles du Québec, intitulée «Le point sur les taxes foncières agricoles», publiée dans notre édition du 9 janvier dernier.

Il faut avouer que le conflit entre les producteurs agricoles et le gouvernement est pénible pour tous et doit se résoudre à une table de travail et non sur la mise à pied de milliers de personnes ou à la faillite des établissements touristiques qui survivent avec le tourisme hivernal.

Le Québec compte plus de 20 000 restaurants qui génèrent 211 000 emplois et 11,1 milliards $ de ventes avec une marge de profit de 3 %. Parce que contrairement aux exploitants agricoles, ils n'ont aucun programme de soutien, plusieurs sont en péril et font faillite ou doivent fermer, et ce, chaque année.

En région la situation est encore plus difficile en raison des courtes saisons touristiques. Pourtant les restaurateurs achètent annuellement pour 4 milliards $ d'aliments et perçoivent plus de 1 milliard $ de TVQ chaque année.

Les conditions de travail sont exigeantes, les salaires sont loin d'être attrayants, ce qui explique le désintéressement des jeunes et conséquemment les difficultés de recrutement. Dans plusieurs régions du Québec la motoneige est une source de revenu primordiale pour le maintien des hébergements et des services de restauration. 

En hiver, une des principales activités qu'est la motoneige permet à plusieurs propriétaires des 600 pourvoiries que compte le Québec de générer des revenus en offrant l'hébergement et les repas aux touristes qui voyagent sur le réseau de sentiers.

Ces hôteliers de la forêt, dont la saison principale est la période estivale, ont une capacité d'accueil de plus de 30 000 clients et génèrent ainsi 3500 emplois. L'activité hivernale de la motoneige contribue à maintenir un bon nombre d'emplois en pourvoirie et maintenir une activité économique importante en région. 

De plus, les pourvoyeurs viennent ainsi complémenter l'offre hôtelière régionale en milieu touristique qui elle aussi a besoin de revenu pour maintenir un chiffre d'affaires en dehors de la saison touristique principale.

La pourvoirie en hiver attire également des milliers de touristes étrangers qui veulent vivre l'expérience de la motoneige sur le plus grand réseau de sentiers au monde. Les motoneigistes constituent une clientèle très importante tant pour les hôteliers, les pourvoyeurs que les restaurateurs. 

Également, plusieurs gîtes touristiques, centre de vacances et résidences de tourisme de toutes les régions du Québec ont besoin du tourisme hivernal et des motoneigistes pour assurer le maintien de leurs opérations. Des milliers d'emplois en dépendent.

Du petit gîte jusqu'au Fairmont de Charlevoix, tous peuvent se voir en péril si l'UPA recommande à ses membres de démanteler le réseau de motoneige du Québec pour régler leur discorde avec le gouvernement du Québec à propos de la hausse de leur taxe foncière. 

La motoneige, c'est 80 000 membres réunis dans 206 clubs, c'est 33 000 km de sentiers entretenus par des bénévoles, c'est 300 concessionnaires, c'est 20 tour-opérateurs et 90 locateurs qui reçoivent des clientèles internationales; c'est 2 milliards $ en retombées économiques annuelles. C'est un produit touristique international de premier ordre, c'est l'utilisation de technologie québécoise de plus en plus verte, respectueuse des gens et de l'environnement. 

C'est à se demander comment et en quoi les stratèges de l'Union des producteurs agricoles pensent acquérir de la sympathie des Québécois avec ce blocus demandé à leurs membres. Pas plus que par le passé des gestes comme le massacre des porcs sur l'autoroute 20 ou encore l'abattage au fusil de vaches de réforme devant les caméras des médias ne leur a attiré quelque sympathie que ce soit.

Mettre autant d'entreprises touristiques et d'emplois en péril ne devrait pas leur donner gain de cause. Mettre en danger les petites entreprises et les milliers de travailleurs qui par leurs impôts contribuent amplement à soutenir les productions agricoles, c'est pire que d'abattre des vaches de réforme au fusil sur l'accotement de l'autoroute.

Si tous les hôteliers, restaurateurs, cuisiniers, serveurs, boulangers, bouchers et finalement tous les consommateurs refusaient de consommer les produits laitiers du Québec, le porc du Québec, bref tout ce qui vient de ces producteurs soutenus par des programmes basés sur l'argent public en taxes et en impôts, toute l'industrie agricole en prendrait un coup. Même si les taxes des producteurs sont remboursées en grande partie par le peuple, ce n'est pas assez? Mordre la main qui nourrit les producteurs, toute une stratégie! 

Louis Perron

Trois-Rivières

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