Le minimum c'est 15 $!

La question du salaire minimum à 15 $ l'heure... (La Presse)

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La question du salaire minimum à 15 $ l'heure a beaucoup fait jaser l'automne dernier. Différentes manifestations, comme celle-ci à Montréal, ont eu lieu un peu partout au Québec.

La Presse

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Le Nouvelliste

Saviez-vous qu'actuellement, une personne travaillant 40 heures par semaine au salaire minimum, c'est-à-dire à 10,75 $ l'heure, vit au-dessous du seuil de pauvreté? C'est une honte pour le Québec!

L'économiste Pierre Fortin s'oppose à cette hausse, car selon lui, elle entraînera une importante perte d'emplois, principalement chez nous, les jeunes. Ce n'est pas le seul; plusieurs lobbies appartenant au milieu des affaires soutiennent cette idée dénuée de sens. Il est évident que la situation actuelle est très avantageuse pour les élitistes québécois, qui profitent de tous les avantages économiques et sociaux, au détriment de nous autres! 

Ces privilégiés ne semblent pas comprendre que la hausse du salaire minimum permettrait, à long terme, une croissance économique au Québec, car les ménages constitués de faibles salariés consommeront davantage dans les commerces locaux, puisqu'ils se demanderont moins s'ils auront assez d'argent pour tenir jusqu'à la fin du mois. Enfin, ils pourront économiser pour leurs vieux jours. Pour qu'une personne seule ait une vie décente en travaillant 40 h par semaine, il faut qu'elle soit payée environ 15 $ l'heure, dépendamment de son lieu de résidence au Québec. Selon l'Institut de recherche et d'information socio-économique (IRIS), à Trois-Rivières, 13,70 $ l'heure lui suffirait. Tandis qu'à Québec, cette même personne devrait être payée 15,42 $ l'heure. Nous sommes clairement loin du compte!

En ce qui nous concerne, nous les étudiants, être payés 15 $ l'heure nous serait grandement bénéfique. Il faut voir cela comme une solution au décrochage scolaire. Bon nombre d'entre nous quittent les bancs scolaires afin de travailler à temps plein dans une chaîne de restauration rapide ou dans un magasin de vêtements, car on n'arrive plus à subvenir à nos besoins. Alors que si nous sommes payés plus, nous pouvons faire moins d'heures de travail et nous consacrer davantage à nos études. 

Au niveau social, il n'y a que des avantages. L'augmentation du salaire minimum fera tout simplement diminuer la pauvreté et il y aura moins d'inégalités sociales. Cela peut être un incitateur, car la personne au chômage sera plus tentée de trouver un emploi plutôt que de demander l'aide sociale. Par conséquent, elle utilisera moins les services sociaux. Il est inadmissible que 60 % des personnes gagnant en-dessous de 15 $ l'heure soient âgées de 25 ans et plus. Dans ces personnes-là, on retrouve en majorité des femmes travaillant dans les commerces de détail, les services publics ou la restauration. 

Une augmentation progressive du salaire minimum au Québec ne nous ferait pas de mal, c'est même essentiel! Le but n'est pas forcément d'atteindre les 15 $ l'heure, mais de s'en rapprocher le plus possible, afin que nous les Québécois moyens puissions nous en sortir financièrement. Tout cela pourra se faire seulement si le gouvernement subventionne l'augmentation du salaire minimum pour les petites et moyennes entreprises (PME) qui tentent de concurrencer les multinationales. Ce serait très avantageux pour les PME. En tant que jeune femme étudiante, je ne peux que supporter la campagne 5-10-15, car les réalités qu'elle dénonce sont celles que je vis depuis mon arrivée sur le marché du travail. C'est également la triste réalité de beaucoup de mères monoparentales. 

Claudine Kablan

Étudiante en sciences humaines au Collège Laflèche

Trois-Rivières

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