Le CMI au premier rang: de la poudre aux yeux?

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Le CMI obtient une position enviable au palmarès des écoles selon l'Institut Fraser.

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Il y a quelques semaines, plusieurs médias faisaient état du classement des écoles du Québec, établi par l'Institut Fraser. Le Collège Marie-de-l'Incarnation s'y retrouvait fièrement dans le peloton de tête de cette liste et lorsqu'on observe les résultats par région, l'école occupe même le premier rang pour la Mauricie.

Je suis le fier papa d'une petite fille qui a maintenant 10 ans. Sa mère et moi, ayant des revenus familiaux dans la classe moyenne, avions choisi cet établissement privé pour notre fille. En effet, les valeurs prônées, soi-disant teintées de celles des soeurs Ursulines, nous attiraient beaucoup. Notre petite y a complété sa maternelle et sa première année.

Déjà au préscolaire, nous avons été témoins de «l'exclusion» de deux élèves de 5 ans. En effet, leurs comportements turbulents semblaient déranger. Toutefois, de notre humble point de vue, de ce que nous connaissions de ces petits, rien ne justifiait cette démarche. Leurs parents ont été invités à les inscrire ailleurs. Le tout a été fait très tôt dans l'année scolaire.

Arrivée en première année, notre enfant a rapidement présenté des difficultés scolaires. Heureusement, son comportement exemplaire et sa persévérance lui étaient souvent soulignés.

Nous travaillions avec elle une heure par soir, sans relâche et ce, pour maintenir des notes à peine près du 60 % requis. Nous avons alors payé (encore) pour des cours privés de rattrapage en français, à raison de deux midis par semaine. 

En avril, la direction et les enseignants nous ont rencontrés avec la ferme intention de faire reprendre la première année à notre fille. Honnêtement, l'idée était spontanément tentante puisque nous étions nous-mêmes fatigués de faire tout ce travail à la maison. Toutefois, je m'y suis opposé fermement, mettant en avant-plan les arguments des ravages sur l'estime de soi, qui risquaient à tout jamais d'ébranler notre enfant. Mon entêtement n'a pas plu du tout au personnel présent à la rencontre.

Toutefois, nous avons continué à encourager notre fille à la réussite, ayant comme objectif d'obtenir la note de passage pour deux matières sur trois, nécessaire pour le changement de niveau. Elle a terminé son année avec 86 % en anglais, 73 % en mathématiques et 59 % en français. Elle passait! Par contre, 59 % en français? Sans douter de la justesse de la note, inscrire 59 % sur un bulletin d'une élève qui travaille avec courage et qui a un bon comportement en classe me laisse encore perplexe. Elle était à un point de la barre psychologique de la réussite. Ce dernier a d'ailleurs coûté un client au CMI. 

Notre fille a fréquenté l'école de quartier dès sa deuxième année et dès lors nous avons ressenti un sentiment de légèreté, d'ouverture, de facilité. Néanmoins, nous l'avons quand même fait évaluer en neuropsychologie et une légère dyspraxie a été diagnostiquée. Cette condition n'a rien à voir avec le quotient intellectuel, mais relevait plutôt d'un problème de développement au niveau moteur. Enfin, la neuropsychologue était formelle et ses conclusions furent sans équivoque: on ne fait pas reprendre une année scolaire pour ce type de problème. 

Notre grande travaillante a terminé sa quatrième année avec des notes légèrement au-dessus de la moyenne, avec le goût d'apprendre et une confiance en soi. Elle a tout le mérite, mais que serait-il arrivé si nous avions lâché?

L'école du coin offre des services d'aide gratuits, une vie scolaire et parascolaire enviables par bien des établissements privés.  

Collectivement, nous finançons une bonne partie de la note des collèges privés et les plus riches comblent l'autre portion. Nous aidons les mieux nantis, au fond. Ne seriez-vous pas plus satisfaits que votre argent serve à des services d¹investigation lors de problèmes d'apprentissage? 

Sans rien enlever au mérite des élèves doués et travaillants de cet établissement, la réussite du CMI ne relèverait-elle pas aussi de leur politique de sélection ou de leur choix de favoriser des reprises d'années, améliorant ainsi les notes? Loin de croire à des choix si bien organisés, j'ai tendance à penser que ces facteurs influencent leurs résultats. 

Le meilleur établissement? De la poudre aux yeux! Je suis d'avis que nos enfants méritent davantage l'inclusion tels qu'ils sont, que de fréquenter le collège numéro 1.

Dominique Vincent

Bécancour

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