Des contribuables à soulager

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão.... (La Presse)

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Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão.

La Presse

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Le Nouvelliste

L'auteur, Carl Vallée, est directeur québécois de la Fédération canadienne des contribuables. Il adresse ici une lettre au ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, pour lui faire part des demandes et préoccupations de l'organisme en vue du budget 2017-2018.

Monsieur le ministre,

Les efforts que vous avez déployés pour mettre les finances publiques du Québec en ordre sont louables. Même si une partie du fardeau est tombée sur les épaules des contribuables, vous avez réussi à éliminer le déficit et rétablir la confiance des agences de crédit auprès du gouvernement du Québec. Les contribuables d'aujourd'hui et de demain vous en sont reconnaissants.

Lors de la campagne électorale en 2014, le Parti libéral du Québec a promis que tout surplus budgétaire serait consacré exclusivement à la réduction du fardeau fiscal des contribuables et au remboursement de la dette. Monsieur le ministre, au nom de la Fédération canadienne des contribuables, je vous demande de respecter cet engagement. Il s'agissait d'un engagement noble, reconnaissant en fait toute la pression qui pèse sur les familles québécoises qui peinent à joindre les deux bouts. Votre volonté de faire des paiements sur notre dette reconnaissait également le danger qui guette le portefeuille collectif des Québécois. Comme vous le savez sans doute, les contribuables québécois paient collectivement chaque année plus de dix milliards de dollars en intérêts aux créanciers du gouvernement du Québec. Cela représente un des postes budgétaires les plus importants, il s'agit de sommes qui ne peuvent pas être investies dans notre système de justice par exemple. Année après année, l'État québécois traîne ce boulet.

Alors que vous êtes en train de préparer le budget 2017-2018, les Québécois s'affairent à magasiner des cadeaux de Noël pour leurs proches. Ils le font, en moyenne, avec un des revenus disponibles les plus bas en Amérique du Nord. Rien de plus surprenant compte tenu des taxes et des impôts qu'ils paient chaque année à l'État québécois. Monsieur le ministre, vous avez équilibré le budget, mais il est temps de franchir le pas supplémentaire en affrontant tête première les problèmes structuraux du «modèle québécois» qui nous ont placés en situation de déficit au départ. On ne peut pas continuer à prendre des décisions en fonction des mêmes réflexes dépensiers et interventionnistes tout en s'attendant à des résultats différents. C'est la raison pour laquelle vous commettez une erreur en utilisant le surplus pour engendrer des nouvelles dépenses gouvernementales. Un surplus budgétaire ne veut pas dire que l'État ne dépense pas assez, il veut plutôt dire qu'il taxe trop ses citoyens. Vous avez l'occasion de corriger cette erreur et je vous enjoins de faire la bonne chose, soulagez les contribuables québécois qui sont en train d'étouffer.

Pour conclure, dans le cadre de vos préparatifs du budget 2017-2018, j'aimerais inviter votre gouvernement à examiner les façons dont le Québec pourrait s'affranchir de sa dépendance envers le système de péréquation. Même s'il est vrai que le Québec a atteint le déficit zéro, il l'a fait en partie grâce aux transferts de péréquation, ce qui, à nos yeux, ne représente pas une solution durable à long terme.

Nous savons que votre gouvernement reçoit beaucoup de requêtes de financement de divers groupes de pression et qu'il prend le temps de rencontrer ces groupes. Au nom de ceux et celles qui ne souhaitent pas de nouvelles dépenses et qui désirent plutôt une réduction du fardeau fiscal, je me rends également disponible pour une rencontre si vous souhaitez discuter des façons dont le gouvernement pourrait soulager les contribuables.

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