Il était une foi... dans le p'tit Jésus

Il appert, d'autre part, qu'aux athées les plus... (La Presse)

Agrandir

Il appert, d'autre part, qu'aux athées les plus invétérés, Taillandier, dans son livre, lance qu'ils ne peuvent nier que ce crucifié ressuscité ait jeté dans le monde quelque chose qui ne s'y trouvait pas.

La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

Il y a peu, j'ai lu le compte-rendu d'un livre récent ayant simplement pour titre Jésus écrit par un certain François Taillandier qui veut que quiconque doute un peu que le célèbre enfant né à Bethléem il y a 2000 ans soit véritablement Dieu devrait être considéré comme ayant quand même la foi. Ou quelque chose du genre...

Il appert, d'autre part, qu'aux athées les plus invétérés, Taillandier, dans son livre, lance qu'ils ne peuvent nier que ce crucifié ressuscité ait jeté dans le monde quelque chose qui ne s'y trouvait pas.

En ce sens, cela rejoint un peu les propos de la pièce L'Évangile selon Pilate d'Éric-Emmanuel Schmitt qui a si habilement été jouée cet été dans les jardins du Sanctuaire. 

Mais allez, sans être ni athée et encore moins invétéré (!), je me trouve confortable de me situer comme étant agnostique; c'est-à-dire refusant de se poser des questions métaphysiques. Je croisais même à ce sujet il y a quelques mois des propos écrits autrefois par nul autre qu'Einstein qui disait consentir à ce qu'on dise de lui qu'il l'était aussi, agnostique.

Je ne partage pas, écrivait-il à un professeur d'histoire de Californie, cet esprit du croisé que peut avoir l'athée professionnel dont la ferveur est nourrie par la douleur de sa libération à l'endoctrinement religieux de sa jeunesse. Je préfère une posture d'humilité qui témoigne plus de notre faiblesse intellectuelle à comprendre les choses de la nature tout comme notre propre existence.

Einstein, comme nombre d'entre nous, croyait que le concept d'un Dieu personnel était une idée enfantine, tout simplement.

De là, ma marotte à vouloir, comme lorsque j'étais gamin, nommer ici «p'tit Jésus» ce mystérieux personnage né avec un sens du timing inouï, aux alentours du solstice d'hiver, au moment où nous serions prêts à fêter n'importe quoi pourvu qu'on nous dise que les jours vont enfin rallonger!

Donc, pas trop invétéré, le gars, et ayant plutôt apprécié jadis les mots, accepte le mystère lancés par une religieuse à un Rémi agonisant dans le merveilleux film de Denys Arcand Les invasions barbares.

Parce qu'il y a mystère, en effet...

Pas enclin, non plus, en conséquence, à opposer le savoir à la foi et trouvant bien amusante la question suivante: «Mais que foutait Dieu avant la Création?», posée par le diabolique Samuel Beckett.

Tout ça simplement expédié donc, alors que Noël approche - occasion de nombreux rassemblements toniques - par quelqu'un qui, récemment, perdant hélas sa maman (qui, elle, croyait depuis toujours et sans retenue au p'tit Jésus), lui souhaita très fort lors des funérailles, d'être assise enfin au paradis des chrétiens, là-haut dans la ouate et l'abondance...

Réjean Martin

Trois-Rivières

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer