Le bien commun sous bâillon

Le premier ministre Philippe Couillard... (PHOTO Jacques Boissinot, PC)

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Le premier ministre Philippe Couillard

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Le Nouvelliste

Les auteurs, Michel Neveu et Pierre Foisy, sont membres du Comité Vigilance Hydrocarbures des municipalités de la MRC de Maskinongé.

L'adoption sous bâillon de la loi 106 est une autre démonstration de la gouvernance autoritaire du parti de Philippe Couillard. 

C'est un beau, mais triste exemple du mépris qu'éprouve le gouvernement libéral du Québec à l'égard de la société civile. Philippe Couillard et ses sbires n'ont rien à cirer du concept d'acceptabilité sociale. 

En dépit du large consensus qui s'était dégagé chez des acteurs concernés: l'UPA, la FTQ, la CSN, l'UMQ, la FQM, de nombreux comités de citoyens et de communautés autochtones, les leaders libéraux à l'Assemblée nationale auront fait la sourde oreille face aux arguments scientifiques jusqu'à ce qu'ils décident, à la toute fin de la session parlementaire, d'adopter le fameux projet de loi en ayant recours à la technique la plus antidémocratique, la plus odieuse et la plus irrespectueuse des partis d'opposition: le bâillon!

Ils étaient impatients, a lancé le député Jean-Marc Fournier, pour justifier cette monstruosité. Qui ça? Ben voyons, les bonzes des pétrolières et des gazières!

Dans ce contexte qui ne ressemble en rien à de la démocratie, cette loi confirme désormais la politique énergétique des entreprises explorant et exploitant les hydrocarbures du Québec. 

C'est en fait là où on en est rendu dans cet univers libéralisé et globalisé. L'État n'est plus l'État, mais un semblant d'institution gouvernée par des politiciens pour le moins suspects, sans colonne vertébrale, qui promulguent des lois - comme la loi 106 - dans le seul intérêt des grandes sociétés capitalistes.

C'est fou ce que le temps peut faire tout de même! Il y a un an à peine le premier ministre Couillard avait fait une présence remarquée à COP21, à Paris, où il avait clairement affirmé la compétence du Québec en matière d'environnement tout en prédisant la fin prochaine du gaz et des hydrocarbures «qui n'ont aucun avenir au Québec».

Avec l'adoption de la loi 106, dans les circonstances que l'on connaît, il est permis de croire que le gouvernement du Québec pourrait très bien donner sa bénédiction au passage de l'oléoduc Énergie-Est sur son territoire, même si les recommandations du BAPE n'étaient pas favorables au sauvage projet de TransCanada Pipelines Ltd.

Le gouvernement Couillard dit agir pour le bien commun du Québec et des Québécois. 

Dans les faits, il gouverne pour le bien commun... d'un bien petit nombre!

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