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Le Nouvelliste

Mais comment se fait-il que les Québécois soient aussi réfractaires aux débats et aux discussions critiques? Du livre Code Québec, récemment publié, qui veut mettre en lumière les traits identitaires des Québécois, il ressort que ceux-ci ont peur de la division et que le consensus est extrêmement important pour eux. On y cite le politicologue Jean-François Caron, qui note que l'on préfère cataloguer les personnes au lieu de discuter de manière sérieuse les idées défendues par l'autre. Combien de fois entendons-nous: «Ah! on sait bien, ça sert à rien de discuter, c'est un Péquiste» ou encore «c'est un Libéral»... Ou: Ah! bien oui, il n'aime pas le maire...»

Par exemple, n'est-il pas renversant qu'à la seule évocation du mot «référendum» une importante partie de la population soit traumatisée comme s'il s'agissait d'un appel au loup-garou qui viendrait kidnapper nos enfants à la tombée du jour... Frayeur que le Parti libéral exploite efficacement et à fond de train élection après élection. Au point que le chef récemment élu du Parti québécois a dû promettre de ne pas tenir de référendum afin de rassurer le troupeau! 

Désolant, non? Car n'y a-t-il pas action plus démocratique que la tenue d'un référendum? Cette consultation nous permet, collectivement, de dire ce que nous sommes à un moment donné disposés à accepter ou non. Pendant que ce terme se trouve associé ici à la chicane et aux divisions, chez nos voisins américains, pas plus tard qu'aux dernières élections présidentielles, plusieurs États ont tenu en même temps des référendums sur des questions extrêmement importantes. Et à ce que je sache, cet exercice n'a pas terrorisé les électeurs.

Autre exemple pour montrer comment l'esprit critique est perçu: je me suis retrouvé, dans une récente opinion parue dans Le Nouvelliste, catalogué par association dans le groupe des «contempteurs hargneux du maire». Pourquoi? Parce que je critique ponctuellement les décisions et la gouvernance de ma ville. Il n'y a ni haine, ni dénigrement, simplement de la critique. Je suis un opposant au maire, c'est vrai, et à visage découvert. Je propose du même souffle des approches différentes sur les questions que je soulève. Plutôt que de discuter et d'échanger, on nous taxe alors de «chiâleux» et de «négatif» qui n'aime pas sa ville... On ne va pas loin avec de telles réactions.

Mais ai-je justement le droit de défendre une idée de ma ville qui se situe aux antipodes des tendances que j'observe présentement comme orientations pour Trois-Rivières? Ai-je le droit de penser et de dire que ce serait bien de voir une nouvelle personne diriger Trois-Rivières? Moi je crois que oui. Et à titre de simple contribuable et citoyen, ai-je le droit de m'indigner de ces millions qui coulent vers des gouffres sans fond comme l'Amphithéâtre et le Grand Prix, qui vient tout juste de soutirer encore un autre 400 000 $ pour refaire des murets de béton inutiles durant 95 % de l'année? Pendant ce temps-là, quelque 25 000 personnes, à chaque mois, se présentent à Moisson Mauricie pour obtenir de la nourriture... 

Ici, on investit au maximum dans le paraître. Pour l'être, on repassera...

Guy Godin

Trois-Rivières

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